Il nous aura fallu un an pour nous décider et réussir à organiser ce voyage, mais maintenant, c'est sûr ! A moins que l'un de nous ne tombe gravement malade ou qu'une guerre éclate impromptûment au Bénin, nous partons dans 15 jours fêter notre mariage (avec un peu plus d'un an de retard, mais c'est pas grave, ça permet de revivre intérieurement notre oui).

Jusqu'à peu, rien n'était décidé, et vu qu'Alain a su ses dates de vacances assez tard (fin juin), ça n'a pas été de tout repos de trouver quelque chose qui nous convienne... Mais maintenant, c'est fait, et je suis hyper impatiente (et plus si affinités).

Une petite parenthèse pour l'historique...
Nous voulions un voyage qui ait du sens, du vrai, pour nous mais aussi pour vous tous qui nous avez permis de partir (grâce aux pépettes que vous nous avez offertes en cadeau de mariage). On savait que ce serait l'Afrique (sauf impossibilité majeure). Et on voulait un truc soit humanitaire soit solidaire. Et pas de voyage organisé comme en Afrique du Sud il y a 3 ans (enfin 2 et demi), parce qu'on avait souffert du poids du groupe ("quand j'ai fait le Kénia, gnagnagna...") et de ne pas réellement rencontrer de gens du cru.
Bref, on voulait rencontrer des Africains d'Afrique (et pas des guides européens), et vivre au rythme de l'Afrique (pour voir si on apprécierait, au cas où on finisse par décider de partir s'y installer définitivement -ou passagèrement).

Alors, on a trouvé un organisme génial qui nous branchait tous les deux et qui s'appelle Tourisme & Développement Solidaires (TDS pour les intimes). Malheureusement, c'était tout complet (et de toute façon, ils n'organisaient rien à nos dates).
C'est un organisme qui propose des séjours dans des villages du Burkina-Faso, du Bénin et du Sénégal. On passe 10 à 15 jours dans un village agricole à une période où il n'y a pas grand chose à faire au niveau agricole. On vit complètement au rythme du village. On a quelques visites organisée par des gens du bled. Et le reste du temps, on fait ce qu'on veut : on traîne dans les rues, on va à l'école, on aide les gens à arroser leurs cultures ou à repiquer leurs oignons, on tchatche avec les femmes qui préparent à manger, on joue avec les enfants, on s'initie à leur artisanat - bref, on vit notre vie à notre rythme et au leur. Et on a plein plein de temps pour rencontrer plein de gens et parler avec eux. Le pied pour voir si on se sent bien dans ce type de pays et pour faire de réelles rencontres.
En plus de ça, on sait que l'argent qu'on dépense pour le village est investi pour le bien-être de la communauté (le conseil des sages vote de l'utilisation de cet argent : création d'un dispensaire, dépenses pour l'école, aménagement de la salle des fêtes etc.).

Bon, mais bon, c'était complet et donc raté. Mais on fera ça une autre fois, ça c'est sûr et certain, parce que c'est le truc qui nous a le plus branchés avec Alain dans tout ce qu'on a vu. (Parenthèse : pour en savoir plus sur le tourisme solidaire, écologique ou alternatif, consultez le numéro spécial hors-série d'Alternatives Economiques de mars 2005 intitulé Le tourisme autrement, je peux vous le prêter, il est très très bien fait et donne plein d'idées).

Bref, on était quand même très frustrés, et en plus on ne trouvait rien qui nous convienne. D'abord parce que tout était soit somplet, soit trop fatiguant pour mon dos, soit vraiment trop trop cher, soit (enfin) pas comme on voulait - du style voyage organisé solidaire avec deux écueils :

  1. Un voyage organisé quelconque, avec rien qui le distingue des "pas solidaires" sinon qu'une partie de ce qu'on payait allait à des associations de développement locales, mais bon, rien de particulier pour nous,
  2. Un voyage du style : puisqu'une partie de nos sous vont aux associations, allons faire le tour de ces associations pour vérifier la façon dont elles dépensent notre argent et faisons une inspection des travaux finis (bon, je caricature un peu, mais le concept m'embêtait vraiment - pas trop Alain - parce que je trouvais que c'était un manque de confiance absolu envers ces gens).

Bon, toujours est-il qu'on ne trouvait rien, que j'ai fini par appeler le gars de TDS et par lui expliquer mon problème en lui demandant s'il ne connaissait pas quelqu'un (individu ou organisme) qui pourrait nous organiser quelque chose qui nous convienne. Ce type a été hyper ultra adorable et m'a donné le numéro de portable d'un copain à lui qui bosse au Bénin pour Arvel, un organisme qui organise (oups, ça fait répétition...) des voyages de toute sorte : normaux (bronzage au soleil dans un hôtel 25 étoiles avec piscine privée), trecks, voyages sociaux et quelques voyages solidaires.
J'ai donc appelé et Justin (puisque tel est son nom) a aussi été adorable avec moi. Il nous a pondu un projet rien que pour nous deux, où on rencontre des gens et tout ce qu'on voulait.

Alors, depuis, je suis en contact (par mail) avec Sébastien, le copain et collègue de Justin, et on organise progressivement notre petite virée au Bénin. Et en fait, j'en sais maintenant plus : tous les deux, ils gèrent un organisme (encore un) qui s'appelle Sandotour. Et ils organisent (re-répétition) des voyages solidaires et culturels. Bref, exactement ce qu'il nous fallait. Donc, en plus de savoir qu'on ne dépense pas bêtement nos sous, on sait aussi qu'on va être tranquilles et rencontrer plein de gens pour vraiment pénétrer l'âme du Bénin (oui, OK, c'est des grands mots et en plus on n'a que 12 jours là-bas, mais on va rencontrer de vrais Béninois qui vont "tout" nous expliquer et nous montrer leur pays de l'intérieur... Bien sûr, ce sera superficiel, mais ce sera un début, quand même...).

Au programme :

  • Quelques visites touristiques (Cotonou, marchés divers et variés, 2 ou 3 musées d'artisanat et d'ethnographie, Porto-Novo - la capitale...),
  • Plein de rencontres avec des vrais gens du cru grâce à la visite de différents lieux très importants (mais qu'on visite rarement parce que ça n'a rien de touristique ou de clinquant) : coopératives, orphelinat, école, bibliothèque, centres d'artisanat, ateliers, et puis discussions avec des marchands, pêcheurs et villageois (avec quelques nuits ou journées chez l'habitant),
  • La découverte de différentes religions et de comment elles sont vécues au Bénin (visite d'une grotte mariale à Arigbo, visite d'une mosquée à Porto Novo - jusque là, rien de bien exotique, mais je ne sais pas si le Christianisme et l'Islam béninois ressemblent aux nôtres - mais aussi cérémonie de bénédiction, visite à la divinité Dankoly, temple des Pythons, forêt sacrée...), bref tout un tas de choses nouvelles que je ne sais même pas ce que ça peut être (mais je ne veux surtout pas qu'on m'explique pour pouvoir arriver là-bas vierge de tout préjugé).

Bref, comme vous pouvez le voir, plein plein de choses vraiment chouettes, et je suis hyper enthousiaste ! Je sens qu'on va découvrir des choses extraordinaires et très différentes de ce qu'on peut imaginer.
Et ce qui me plaît surtout, je l'ai déjà dit, c'est qu'on aura un (ou des) guide(s) béninois, qui pourront donc nous faire découvrir le pays de l'intérieur et nous aider à rencontrer des gens vrais.
Bon, en plus, c'est un voyage solidaire, ce qui signifie que notre argent n'ira pas bêtement dans la poche d'un tour-opérator mais permettra sans doute de financer des projets de développement. On sait aussi que les gens qui s'occuperont de nous seront rétribués équitablement. Et enfin, on doit (on peut, plutôt) apporter des dons pour les gens qu'on rencontrera (responsables de l'orphelinat et de l'école - pour les enfants, en fait), sages du village (ah oui, ça aussi ça me fait triper... J'adore le concept de "sage", et je suis très impatiente de les rencontrer ! ! !) etc. Bon, on ne sait pas exactement ce quon doit apporter, mais on va se renseigner pour ne pas faire de bourde (du genre méprisant, humiliant, trop peu, trop, inutile...).

Bon, en tout cas, ça c'est le concept du voyage. Maintenant, reste à voir sur place ce que ça donne, parce qu'on se fait sûrement plein d'idées fausses sur la façon dont ça se déroulera, mais n'empêche, je suis heureuse de partir bientôt avec mon mari que j'aime :o)
Et je vous en dirai plus dès que j'en saurai plus, et vous aurez plein de comptes-rendus à notre retour (sûrement pas pendant, parce qu'on aura surtout envie d'en profiter au jour le jour...).
En tout cas, je vous souhaite à tous de pouvoir un jour réaliser vos projets de voyages...