En fait, dans mon fameux Kama-Sutra, dont je vous parle depuis quelques temps déjà, j'ai appris tout un tas de choses concernant les oiseaux (je ne vous les dis pas toutes, ça ferait un peu prétentieux... lol), mais bon, je vais un peu développer les trucs qui m'ont fait marrer ou rêver doucettement... Après tout, peut-être que ça vous plaira aussi et que ça vous apprendra des choses sympas pour briller en société (ou juste pour le plaisir d'apprendre, allez savoir !).

C'est l'heure de la douche !

En fait, les oiseaux ont absolument besoin de se laver, histoire d'entretenir leurs plumes et de pouvoir voler (l'eau rend les plumes plus souples et plus faciles à lisser). En gros, un oiseau sale est voué à une vie purement terrestre, et donc à une mort atroce : accident de la route, braconnage intensif, morsure de rat ou je ne sais quoi de pas très réjouissant.
Bon, ben, c'est pas pour dire, mais ils sont vachement plus originaux que nous, ces oiseaux, et ils ont trouvé tout tout plein de solutions pour se laver en vitesse...
Il y a, certes, le traditionnel bain d'eau, par exemple dans une mare, mais aussi en volant au ras d'une étendue d'eau, en attendant la pluie ou en passant dans des feuillages couverts de rosée.
Mais il y a d'autres types de bains qui ne me font pas du tout fantasmer, à commencer par le bain de fourmis. Oui, oui, vous avez bien lu. L'oiseau se laisse couvrir de fourmis (ou s'en couvre carrément), apparemment dans le but de s'imprégner d'acide formique. L'intérêt ? Tuer les parasites (pas mal, la fourmi, comme insecticide naturel...).
Dans la même veine, il paraît que le bain de fumée est aussi un bon antiparasite... Sympa, non, de se baigner sur la cheminée d'une usine ?
Bon, et puis, pour finir dans la série propreté, certains oiseaux choisissent tout bêtement le bain de poussière, mais l'histoire ne dit pas si les vertus de ce type de nettoyage sont les mêmes que celles qu'on attribue à nos propres bains de boue...

Quelques observations amusantes

Chez certains oiseaux, on a observé que la mâle offre à la femelle qu'il convoite des bouquets de plantes aromatisées pour la séduire. Chose rigolote (et pas encore expliquée) : plus le bouquet sent fort, plus la couvée contiendra d'oisillons mâles. C'est pas rigolo, ça ? C'est comme l'autruche. Enfin, ça m'y fait penser : chez elle, le sexe des oisillons (mais peut-on parler d'oisillons chez ces gros monstres ?) dépend de la chaleur à laquelle les oeufs sont couvés. C'est marrant, quand même, comme phénomène, pour réguler un peu la population. Quand on pense à tous ces gens qui veulent absolument un garçon ou une fille et qui n'y parviennent jamais...
D'ailleurs, un peu hors-sujet, il existe aussi une espèce de mouche dans laquelle le mâle produit, pour séduire sa belle, une phéromone arômatisée à la vanille... Bon, moi j'aime pas cette odeur, mais il semblerait que les mouches, si.
Un peu moins rigolo : les oiseaux ont du mal à distinguer le vrai du faux. Du coup, certains essayent de se poser sur des balcons en trompe-l'oeil... C'est marrant, ça. Mais là où ça l'est moins, c'est qu'ils ne voient pas la différence entre, d'une part, des tours en verre qui reflètent le ciel et, d'autre part, le ciel lui-même, d'où des skratchages en masse sur les vitres des immeubles modernes. Splotch.

Et maintenant, quelques renseignements plus spécifiques à certaines espèces d'oiseaux...

Le rouge-gorge

Vous avez tous déjà entendu chanter un rouge-gorge ? Et bien, sachez qu'en fait, son joli chant n'est là que pour marquer son territoire ! Il paraît qu'on a déjà souvent observé des rouges-gorges s'attaquer violemment à des hauts-parleurs diffusant leurs chants... parce qu'ils ont cru qu'un intrus venait s'installer chez eux. Alors, c'est pas pour dire, mais à Belle-Epine, ils devraient arrêter leurs gazouillis pitoyables d'ambiance qui me rendent dingue dans les parkings couverts !
Accessoirement, le rouge-gorge s'attaquera aussi à une boule de poils oranges que vous agiterez devant son nez, exactement pour les mêmes raisons : il se sentira envahi. Alors méfiance : pas de cabrioles devant les oiseaux quand on arbore fièrement sa cagoule orange (désolée, il se fait tard...).

Le pigeon

Vous savez, cet animal dégénéré qui peuple les grandes villes de sa bêtise (je vous ai déjà raconté les pigeons du musée du Louvre essayant de manger mon chocolat sur le rebord de la fontaine ? Inoubliable !) et de sa fiente omniprésente... Ben je vais ici vous apprendre un truc qui va vraiment vous écoeurer (ou alors vous êtes très très bizarres...). Autrefois, les boulangers mettaient de la fiente de pigeon dans la pâte des petits pains : ça accélérait la fermentation, et il paraît que ça donnait bon goût. Miam ! ! ! (Je ne regarderai plus jamais mon boulanger de la même façon qu'avant, du temps de ma naïveté).
Bon, mais à part ça, est-ce que vous avez une idée de ce que les pigeons donnent à béqueter à leurs rejetons ? Je vous le donne ne mille, Emile : du lait ! En fait, les pigeons (mâles et femelles, pour une fois) fabriquent une sorte de substance blanchâtre quand ils nourrissent leurs bébés. Et ce liquide est à base de prolactine, comme le lait des mammifères. C'est rigolo, non ? En fait, c'est une fois de plus une histoire d'hormones : à la naissance du petit, le jabot des parents se gorge de lait et ses cellules se détachent du fond de la gorge. Il ne reste plus aux petiots qu'à aller chercher leur pitance au fond du bec de papa-maman. Et c'est extrêmement nourrissant (je n'irais pas jusqu'à me risquer à dire que c'est bon). Le pigeonneau double son poids en une journée (imaginez ça à l'échelle humaine !).

Le rossignol

Son chant est légendaire, n'est-il pas ? Enfin, moi, il me fait surtout penser à une sonnerie de réveil, mais je ne suis peut-être pas très romantique, allez savoir... Eh bien, cet oiseau a du mal à se faire entendre en ville, du coup il y chante beaucoup plus fort qu'à la campagne : jusqu'à 14 décibels de plus ! Record enregistré : 95 décibels (sensation auditive douloureuse pour l'être humain : 130 décibels...).

Le martinet noir

C'est le champion du monde aérien : il fait tout en vol. Sans compter qu'il atteint tranquillou les 200 kilomètres heure. De quoi faire pâlir de jalousie n'importe quel empoté de n'importe quelle espèce...
Alors, par exemple, pour manger, il ouvre juste le bec, tout en continuant de se balader, et les bêtes volantes lui rentrent directement dedans, ya plus qu'à digérer. Fastoche !
Pour copuler, no problem : on choisit un courant d'air bien porteur, et on plane (au double sens du terme) en perdant un peu d'altitude... Tranquille, tranquille.
La nuit, même topo : le martinet s'installe en altitude (jusqu'à 3000 mètres !) et s'endort. Il bat une fois de temps en temps des ailes, et le tour est joué.
Finalement, il n'y a que quand il couve qu'il se pose un peu... En fait, du moment où il a quitté son nid et appris à voler, le martinet ne se pose quasiment plus jamais et vit en l'air à plein temps. Et vu sa vitesse, des études sont arrivées à la conclusion qu'un martinet majeur (18 ans) a déjà parcouru en moyenne... 6 millions et demi de kilomètres ! Gloups !

Le passereau

Un grand jaloux, celui-là... Il veut être sûr qu'une femelle porte sa semence à lui et pas celle d'un autre. Non mais, faudrait pas déconner, quand même ! Du coup, avant de se faire une nana, il lui donne quelques coups de bec dans le derrière. Comme ça fait mal, les sphincters de madame se contractent et évacuent du même coup tous les spermatozoïdes laissés par les prédécesseurs... Le nouveau venu ne s'accouplera qu'après cette vidange. Ca me fait délirer...

Les corvidés (corbeaux, corneilles, pies, choucas et autres)

Ils sont reconnus comme étant les plus intelligents des oiseaux. Capables d'imitations, ils sont très évolués et utilisent même des outils (comme le singe !) pour se simplifier la vie.
Petit exemple frappant :
Au Japon, au feu rouge, on voit régulièrement des corneilles déposer des noix devant les roues des voitures. Quand le feu passe au vert, la voiture roule dessus, joue le rôle de casse-noix, et la corneille n'a plus qu'à se régaler. C'est ingénieux, quand même !

Bref, c'était un tas de petites informations qui m'ont fait triper... C'est vrai quoi, on ne parle jamais de l'intelligence de l'oiseau ! Quand j'étais gamine, pourtant, on rigolait bien avec le mainate de la voisine : il imitait à la perfection la voix de ses patrons et, quand un client entrait dans la magasin, il lui disait bonjour, et on cherchait partout où s'était caché le patron. Et, en plus, il avait découvert un petit jeu super rigolo : quand les éboueurs passaient, il sifflait comme le gars qui vidait les poubelles dans le camion. Du coup, le chauffeur redémarrait. Sauf que c'était le mainate qui avait sifflé, ce coup-ci, et le mec de derrière était dégoûté avec sa poubelle pleine qu'il devait porter jusqu'à l'étape suivante.
Sérieux, on devrait un peu plus observer les oiseaux et en prendre de la graine (arf) !