Alors, pour changer des intros habituelles, je dirais que nous avons été très impressionnés par la variété de ce que nous avons vu ! ;)
Non, sincèrement, c'est un truc de fou. Je ne sais pas comment dire ça. Chez nous, il existe plein de choses différentes, les architectes s'amusent à trouver comment rendre les cités HLM plus vivables, ils mettent des formes, des textures, des couleurs originales etc. Moyennant quoi, à part les grands noms (Le Corbusier, par exemple), tout se ressemble quand même un peu. Enfin, je ne suis peut-être pas très objective, en fait. Mais j'ai l'impression (subjective, donc) que nos variétés architecturales sont étalées dans le temps plutôt que dans l'espace français. Non ? (question qui n'est pas purement rhétorique mais attend effectivement des réponses de personnes plus qualifiées que moi sur le sujet).
En revanche, nous avons constaté au Bénin (enfin, en Afrique en général, plutôt, parce que c'était la même chose dans le sud du continent) que chaque ethnie possède son savoir-faire et ses traditions en matière d'habitat, et on a l'impression que rien n'a évolué depuis des années dans la façon de faire. C'est sûrement un peu injuste de dire ça, d'ailleurs, mais enfin... Des différences colossales cohabitent et coexistent à très peu de distance les unes des autres, et c'est très frappant.

Je ne vais pas faire ici un cours et parler de tout le Bénin de façon exhaustive. Non, je vais m'attarder sur ce que j'ai vu et sur ce qui m'a marquée. En fait, d'ailleurs, en y réfléchissant bien, ce qui m'a le plus marquée, c'est le palais des rois d'Abomey, et justement, je n'en ai aucune photo (puisque les photos y sont interdites - en réalité, un guide nous a proposé de l'acheter moyennant 10 000 francs CFA, mais Alain a refusé de jouer à ça. J'ai trouvé ça très beau, moi je pense que j'aurais craqué...).
En fait, il s'agit là d'un palais royal vraiment extraordinaire (et immense, mais tout n'est pas encore visitable), avec des bas-reliefs sculptés et peints. Il semblerait que le style soit unique en Afrique (et probablement dans le monde). C'est assez interloquant dans la mesure où on aurait tendance à croire que les bas-reliefs sont typiques de notre culture à nous. Bref, ça décentre un peu de soi-même.
C'est bizarre, parce que ça sent vraiment le sacré, comme dans une église. Il s'agit de scènes symbolisant les grands rois d'Abomey et leurs exploits. Bref, j'ai trouvé un site où il y a beaucoup de photos, ça vous permettra de vous en faire une idée, même si vous ne pouvez pas trop vous rendre compte de l'effet que ça fait en vrai, grandeur nature. Faites-y quand même un tour, c'est incroyable. Donc :

Bref, bref, tout ça pour dire qu'il existe de la belle architecture "officielle", pour les grands hommes de ce pays. D'ailleurs, dans le petit village (Essouhoué - ex-Kinkinhoué) où nous avons logé quelques temps, nous avons pu visiter un autre palais, appartenant à un ancien chef béninois, allié des Français. En réalité, le palais est actuellement en rénovation et va d'ici peu être transformé en musée. Mais je peux déjà vous en montrer quelques photos.
Cela dit, vous verrez que cela n'a rien à voir avec Abomey. Il s'agit d'un grand palais, en taille. Normal, c'était pour un chef. Mais ce chef n'avait ni le pouvoir ni les moyens du royaume du Dahomey. Alors il n'y a pas autant de sculptures. Mais tout de même, c'est impressionnant et très spacieux (surtout quand on compare avec les habitations environnantes - malheureusement, je n'ai pas de photo sur laquelle on pourrait voir cette échelle).
Bon, accessoirement, les photos ne sont pas très très réussies...
Je commence par un mur extérieur du palais, avec un petit lion sculpté (symbole du chef, que c'est original !). Le problème, c'est qu'il y a tant de monde sur ma photo qu'on ne voit pas grand chose. Enfin, sachez quand même que tous ces gens sont les sages du village (et une tripotée d'enfants parce que quand même...).

Et puis ensuite, une photo de la cour intérieure. Comme vous le voyez, c'est très grand et assez vide. Si je me souviens bien, chaque bâtiment correspond à la chambre d'une des femmes du chef (il en avait un bon nombre, plusieurs dizaines au total, mais j'ai peur de vous dire une bêtise).

Et, au détour d'une porte, vous pouvez voir la tombe du chef, haute en couleurs... On voit dessus un gros parapluie - signe de l'importance du personnage (j'en ai déjà parlé dans le billet sur le vaudou, si vous vous en souvenez), un drapeau vaudou, un drapeau béninois et une croix (j'aime ce mélange de catholicisme et d'animisme typique des Béninois que nous avons rencontrés)... Bref, l'ensemble des croyances d'Essou (le chef - et accessoirement grand-père de notre guide Sébastien).

Bon, comme je le disais, la qualité des photos laisse à désirer, mais je vais essayer de vous en trouver de plus jolies pour la suite...
En tout cas, je vais maintenant passer à l'architecture "quelconque", c'est-à-dire celle de tous les jours, que n'importe qui peut de payer - ou du moins pas celle des chefs et rois en tout genre.
Et je tenais à commencer par deux photos de Cotonou. D'une part parce que c'est là que nous sommes arrivés et que, donc, ça a été notre première approche du Bénin. Et d'autre part, parce que c'est déjà un dépaysement. Petites maisons basses et bâtiments de style néo-colonial, bon c'est classique. Mais vous allez voir les rues, c'est tripant (de mon point de vue) et puis ça vous donnera aussi une idée peut-être un peu plus juste de la vie concrète que peuvent mener ces gens (je veux dire qu'au jour le jour, c'est fatigant, aussi, le sable).
NB. Sur la deuxième photo, c'est là où Sandotour a installé ses bureaux (i.e. sa toute petite pièce), dans un petit recoin de la cour.

Bon, ensuite, je dois dire que c'en est fini pour les villes et les "gros" bâtiments, et qu'on va passer directement aux villages et aux maisons individuelles (c'est-à-dire familiales... Parce que là où nous aurions envie de nous installer seul ou en couple au grand maximum, ils vivent à une dizaine ou une quinzaine).
Je ne sais pas trop par où commencer même si je sais tout à fait par où finir...
Allez, j'opte pour le coin touristique : Ganvié, "la Venise africaine". Je ne connais pas Venise, donc je ne saurais pas dire si ce surnom est usurpé ou pas. Ce qui est sûr, c'est qu'il s'agit d'une ville lacustre, la seule du Bénin (les autres ne sont que semi-lacustres). Celle-ci est complètement et entièrement sur l'eau, il n'y a aucun lien avec la terre. Bon, en réalité, il y a parfois de la terre, mais elle a été apportée en barque par les habitants qui ont passé des jours à entasser de la terre pour avoir quelques mètres carrés où faire pousser poules et chèvres et où apprendre à marcher aux enfants. Il semblerait d'ailleurs qu'il y ait de plus en plus de constructions en dur. Mais la majorité reste sur pilotis. Et on se balade en barque (3 barques par famille au minimum : une pour que le père aille à la pêche, une pour que la mère aille au marché et une pour que les enfants aillent à l'école, et je peux vous dire que - même petits - ils ont de belles épaules, de quoi être jaloux !).
En fait, la population de Ganvié dépasse les 20 000 habitants, c'est assez hallucinant quand on y pense. Surtout sachant que les gens ne vivent en gros que de la pêche (cf. l'article sur l'artisanat, rappelez-vous les "acadjas", ces pièges à poissons en bois, c'est là !) ou du traffic d'essence avec le Nigéria. Et les gens n'imaginent pas aller sur le continent, dans la mesure où ça fait des générations qu'ils habitent à Ganvié. Il s'agit de tribus qui se sont enfuies à une époque où un roi d'Abomey voulait en faire ses esclaves et qui ont pensé que l'eau serait un bon refuge...
Bon, allez, j'arrête de vous faire mariner, voilà les photos (même si vous avez déjà dû en voir deux dans des articles précédents si vous avez été attentifs). Alors, je commence par une vue générale qui vous fera comprendre pourquoi les touristes aiment bien y séjourner...

Je pense que vous avez remarqué qu'il s'agit uniquement de maisons en bois (il paraît que le bois ne pourrit pas trop vite, qu'il suffit de le changer tous les 10 ou 15 ans, c'est un bois spécial, mais moi je n'aurais pas trop confiance...). Et voilà un gros plan sur les pilotis.

Et un plan plus éloigné...

Accessoirement, je ne sais pas si vous vous rendez compte en voyant cela qu'il n'y a pas de tout-à-l'égout et de commodités modernes. Bon, c'est sûr, il y a des toilettes, mais tout tombe directement dans l'eau de la lagune, sous la maison. Là où les pêcheurs doivent plonger pour récupérer leurs poissons dans les acadjas. J'insiste là-dessus parce que ça ne se voit pas forcément et parce qu'on n'imagine pas ces choses-là quand on voit le paysage idylique. Mais je voulais montrer que ça n'est pas la même chose d'y venir en touriste et d'y vivre à plein-temps.
Je vous rassure quand même : il y a un château d'eau et une pompe qui permettent de puiser de l'eau potable (enfin, nous on n'a bu que de l'eau minérale, mais pour les Béninois, ça va, c'est la même eau que dans les puits de campagne).
Pour conclure sur Ganvié, je vous mets une photo où on voit très bien un gros paquet de terre. Vous pouvez sans doute vous imaginer le travail de titan que cela représente d'avoir entassé tout ça, sachant qu'il y a plusieurs mètres de profondeur d'eau (je n'arrive pas à trouver exactement combien, en fait, mais cela dépend des saisons, c'est pour cela que les maisons sont à environ 1,50 ou 2 mètres de la surface de l'eau, pour pouvoir avoir du mou dans les périodes de crues...).

Bon, allez, tant qu'on est dans les maisons en bois, je passe à quelque chose de moins joli et de beaucoup plus pauvre (remarquez, Ganvié c'est joli, mais ça n'a pas l'air franchement riche non plus). Mais là, c'est vraiment très très pauvre : ce sont les baraques (je ne peux décemment pas dire maisons) des pêcheurs le long de la route des pêches. En réalité, comme ils ne possèdent rien, ni terrain, ni barque, ni même filet de pêche (ils louent tout), ils s'installent provisoirement près de la côte, à côté de chez le proprio du matos. Et ils se construisent des baraques en bois et palmes de cocotier. Et si le terrain est vendu à quelqu'un ou si la mer et le vent deviennent violents (ce qui est courant), ils sont obligés de tout recommencer. Or en ce moment, beaucoup sont déracinés parce que l'Etat est en train de lancer un gros projet touristique (avec peut-être une entreprise privée, on a oublié) avec aménagement des plages pour les vacanciers... Donc, les pêcheurs, on les jarte, zut, non mais, ils se croient où ceux-là, et on les relogera ben on sait pas trop où, là où ils trouveront un peu de place, de toute façon ils rapportent moins que les touristes potentiels (comme quoi ça fonctionne dans les pays pareil !).
Bref, voilà leurs petites cahutes, juste pour que vous vous imaginiez vivre là-dedans quelques minutes... C'est tristoune, quand même...

Bon, ensuite, je vous emmène dans le nord, du côté de Natitingou (je vous l'ai déjà dit, c'est la région où on s'est baladé dans la campagne, au milieu des cultures, et où on a visité différents villages d'ethnies différentes). Bref, on a rencontré plein de monde, plein de cultures différentes, et plein d'habitats différents, tout ça dans un mouchoir de poche...
Je commence par les Wamas. Pour ceux qui sont venus chez moi (ou qui viendront chez moi), c'est eux qui font les masques comme celui qui est dans notre chambre. Ce sont des paysans, très pauvres eux aussi, possédant juste de minuscules parcelles (enfin, ou les cultivant tant que personne ne les réclame). Mais ils ne possèdent rien de plus, ne peuvent pas faire d'élevage (sauf peut-être une poule ou deux, mais je n'en suis même pas sûre). Bref, pas grand chose.
On a juste visité un de leurs villages, mais on a vu d'autres villages wamas sur le bord de la route. En fait, je ne devrais pas dire village dans la mesure où il s'agit à peine de quelques maisonnettes (cases, plutôt). Bref, en tout cas, l'architecture est toujours la même : il s'agit de petites cases rondes rangées en cercle autour du foyer central. Je mets les photos et vous allez tout de suite voir le genre...

Bon, alors là, je précise quand même, bien que ça me paraisse évident, ça n'a pas de raison de l'être pour vous : aucun des villages que vous voyez maintenant (idem pour les maisons de pêcheurs) ne possède l'eau courante ou la moindre des commodités qu'on pourrait souhaiter. Autant Ganvié n'avait pas d'égouts mais possédait son circuit d'eau propre (avec très très peu de pression, soyons honnêtes), autant là, rien ! Il faut puiser l'eau au puits quel que soit l'usage qu'on veuille en faire. Et pipi-caca dans les bois (ou, grand luxe de certains villages) dans des trous aménagés - sans chasse-deau, bien entendu, donc bonjour la douce odeur, on se croirait en camp scout. Bon, sans compter que le puits, il faut d'abord le creuser - et c'est pas rien : à Essouhoué, il descendait à 50 mètres sous terre...
Je n'ai pas parlé d'électricité. Mais, cela va de soi, il n'y en a pas. A Ganvié, quelques maisons étaient équipées (mais peu). Dans les grands villages comme Essouhoué, certaines maisons aussi peuvent avoir l'électricité (mais pas celle où on habitait, qui n'avait pas non plus l'eau courante, l'ai-je déjà dit ?). Mais, alors, dans ces petits bleds de montagne, rien de rien de rien... Et à 19h30, c'est la nuit noire ! Avec le soleil qui ne se relève que vers 7h le lendemain... Bon, il y a le feu ou la lampe à pétrole pour les plus riches (j'ai adoré l'ambiance feutrée que cela donnait à notre logement d'Essouhoué, mais nous étions privilégiés), mais nous avons constaté que les gens passaient plutôt leur temps à se fatiguer les yeux à la lueur plus que vague d'une braise. Il n'y a vraiment que les grandes villes où l'électricité est une chose normale (mais je ne suis même pas sûre que toutes les maisons y soient reliées), ailleurs c'est beaucoup trop cher (c'est plusieurs mois de SMIC local rien que pour être relié au réseau, et je ne parle même pas du prix de l'abonnement). Mais, en tout cas, même à Cotonou, j'avais été frappée dès le premier soir par le fait que la ville est sombre. Le manque de lumière et l'odeur d'essence, c'est ça qui m'a marquée à l'arrivée !

Je passe maintenant aux Peuls. Là, nous avons visité plusieurs villages, tous sur le même modèle, et nous avons rencontré des personnes très très chaleureuses. On nous même offert des oeufs. :)
Il s'agit de villages un peu plus riches que les précédents (même si ça ne se voit pas du tout au premier abord) parce que les Peuls font de l'élevage - source de grandes richesses (enfin, relativement). Ils possèdent de grands troupeaux de vaches. Et c'est vrai qu'on a bien remarqué que, même s'ils manquent de vêtements, de matériel scolaire et autres, les femmes sont couvertes de bijoux de valeur. N'empêche, quand on voit dans quoi ils vivent (qui est très joli, très exotique et tout ce qu'on veut, mais qui manque du plus élémentaire des conforts et ne possède pas le moindre meuble, par exemple), on comprend bien que les devoirs à la maison, c'est pas trop possible, et ne parlons même pas de contraception ou de quoi que ce soit d'autre que de la vie agricole.
Bref, pour en revenir à l'architecture de ces petis villages (familiaux, une fois de plus : le père, ses deux ou trois femmes, et leurs enfants pas encore mariés), puisque tel est le sujet, il s'agit une fois de plus de petites cases. Mais elles sont plutôt disposées en demi-cercle. A l'intérieur de cet espace sont attachées les bêtes pendant la nuit, pour qu'on puisse facilement les surveiller et les traire (amusant : le lait de chèvre n'est pas utilisé au Bénin, ce qui nous a étonnés - et qui a bien fait rire nos guides puisqu'il paraît que tous les Français posent la question... La prochaine fois, on leur apportera du fromage de chèvre...). Après la traite du matin, vers 9 heures, les vaches sont amenées vers des prairies où elles peuvent paître tranquillement à la saison des pluies. A la saison sèche, elles sont amenées bien plus loin et peuvent y rester plusieurs jours, parce que tout est trop sec dans ces montagnes.
Allez, les photos ! Avec de jolies vaches...
Accessoirement, je ne sais pas qui est dans quelle case et quelle est la hiérarchie des logements... Et, sur les photos, on voit assez mal les cases proprement dites, mais bon, je mets celles qui sont les plus parlantes (on a surtout photographié des groupes de personnes - et c'est un beau peuple !).

Bon, maintenant, je passe à la crème des crèmes, que je vous ai gardée pour la fin, parce que c'est vraiment très très très joli et tout à fait typique du nord du Bénin (et des pays frontaliers probablement - Burkina et Togo). Il s'agit des tatas sombas. "Tata", c'est le nom de ce type d'habitation, et "somba", c'est le nom de l'ethnie (c'est la même que les Bétamaribés). Bref, les tatas sont des sortes de petits châteaux fortifiés à plusieurs étages. Ils sont construits en terre de barre (bien rouge) et, de loin, ressemblent à des petites maisons de poupées. Mais en fait, on peut rentrer dedans pour de vrai, et il y a au moins un étage en plus du rez-de-chaussée, parfois deux. Ils ont été construits à une époque où les gens voulaient se protéger des guerriers et des bandits de grands chemins. On habite au premier étage et, la nuit, on ôte l'échelle qui permet d'accéder à l'étage. Déjà, ça complique la tâche pour celui qui cherche à rentrer. Et puis l'intérieur est extrêmement sombre, donc le temps que les méchants habituent leurs yeux, ils sont morts, gnark gnark gnark...
Bon, OK, avant d'entrer dans les détails architecturaux, je vous montre à quoi ça ressemble, c'est vraiment très très mignon, vous allez voir. :)

Vous avez dû remarquer qu'il y a de grandes branches posées le long des murs extérieurs du tata. Eh bien, je vous le donne en mille Emile, elles sont là pour que le tata ne s'effondre pas - oups, ça inspire confiance, n'est-il pas ?
Et, un tata effondré, ça donne ça (je vous mets la photo parce qu'elle permet de se faire une assez bonne idée de la structure interne du tata) :

(Au fait, je mets beaucoup de photos, j'en suis consciente, mais je ne peux pas m'empêcher de le faire... J'espère juste que ça n'est pas trop lourd à télécharger pour vous, parce que même si elles sont très très légères, j'ai un peu peur d'abuser...).
Je continue mes explications, puisque nous avons eu la chance de visiter plusieurs tatas et de voir en détails à quoi ça ressemble et de comprendre ce qui sert à quoi...
Bon, soyons logiques, on va aller du bas vers le haut, qu'est-ce que vous en pensez ? (Genre, vous avez le choix, j'y crois pas !).
La première chose, c'est que, quand on rentre, on est tout de suite étouffé par la chaleur et par la fumée. En effet, figurez-vous que tout tient avec des armatures et des poutres en bois. Or, qu'est-ce qui sévit dans ces régions et que ça coûte très cher de traiter le bois contre ? Eh oui : les termites ! Et ces sales bêtes n'aiment pas la fumée. Donc il faut entretenir le feu. C'est assez désagréable, franchement. Et ça explique deux choses :

  1. que les jeunes ne veulent plus se prendre le chou à entretenir des tatas et se construisent de plus en plus des maisons plus classiques, sans étage,
  2. que personne ne vit au rez-de-chaussée, même maintenant qu'il n'y a plus de bandits de grands chemins...

En fait, le rez-de-chaussée est réservé au travail, aux animaux et aux malades. Je précise : près de la cheminée, il y a une pierre où un malade peut se reposer s'il en a besoin (c'est pas franchement confortable mais c'est au chaud). Sinon, la nuit, les bêtes sont rentrées dans la maison pour qu'on ne les pique pas. Là, vous pouvez voir une poule dans un peu de fumée (on est déjà relativement loin du foyer, pourtant).

Et puis, dans l'entrée, aussi, il y a des meules pour écraser le grain. Petite photo où on ne voit pas trop, mais ça donne une idée des outils (c'est-à-dire qu'il n'y en a pas)...

Bref, ensuite, il s'agit de monter... Et pour ça, dans les tatas modernes (rares), il y a de jolies marches. Mais dans les tatas traditionnels, c'est une belle galère. J'ai cru que je ne m'en sortirais jamais (même si la photo est jolie) tellement les échelons étaient écartés et l'échelle instable, d'autant que j'étais en robe. Mais j'ai triomphé de l'épreuve, ouf !
Donc voilà l'échelle, et voilà l'arrivée sur la terrasse.

Sur la terrasse... Vous voyez les ustensiles de cuisine (en cas de pluie, tout est rapatrié à l'intérieur du tata, au rez-de-chaussée, et on gère les repas dans la fumée). Et les petites cases que vous trouvez sur la terrasse sont, d'une part les chambres et, d'autre part, les greniers, vous allez voir ça d'ici peu.
Commençons donc par la terrasse (encore une jolie photo).

De là, on peut entrer dans les chambres. Comme vous pouvez le voir, elles ne sont pas bien grandes et il faut beaucoup se baisser pour y entrer. En fait, d'après ce qu'on a vu, le plancher des chambres est plus bas que le sol de la terrasse. Et, à part une couette, il n'y a absolument rien dans les chambres (peut-être quelques vêtements ?). Bref, c'est un confort sommaire...

A côté des chambres, comme je le disais, il y aussi les greniers - un pour la femme, un pour l'homme et un pour les enfants (et les enfants ne doivent jamais voir ce qu'il y a chez les parents pour que cela n'attise pas d'envies malsaines de meurtre cause héritage...). Les greniers renferment, bien entendu, le grain, mais aussi les trésors de la famille (argent, bijoux...).
Bon, les greniers sont facilement repérables parce qu'on y monte avec des échelles - aussi inconfortables que celle qui nous a permis d'accéder à la terrasse...
Là, sur la photo, en plus, vous pouvez voir des trucs posés partout autour du grenier ; il s'agit de fétiches et de dons faits aux dieux pour qu'ils protègent les biens de la famille. En fait, ces fétiches sont présents partout : à l'entrée du tata, près des chambres et sur le grenier. Bon, en fait, ça a l'air de dépendre de la famille. Et je suppose que c'était pareil chez les Wamas et chez les Peuls, juste on ne l'a pas vu...
Allez, je vous montre enfin ce grenier.

Ce qui est rigolo aussi avec ces greniers, c'est qu'il sont fabriqués en terre de termitières parce que c'est ce qui est le plus solide et qui protège le mieux la nourriture. C'est marrant, non ? En tout cas, il fallait en avoir l'idée...
Bref, une fois qu'on est monté en haut de l'échelle (moi, j'avoue que j'ai eu trop peur pour aller réellement jusqu'en haut), on ouvre le grenier - on lui enlève son petit chapeau, c'est trop mignon...

Et enfin, on rentre dedans (nous, on n'a pas eu le droit, on a juste regardé, mais de toute façon, je ne suis pas sûre que j'aurais su faire). Là, c'est divisé en trois parties (enfin, ça l'était dans les deux greniers qu'on a visités) avec des types de grains différents selon les parties.

Voili voilà, vous savez tout tout tout sur le tata !
Ca vous a plu ?

Je vais être obligée de vous laisser, maintenant, parce que je vous ai dit l'essentiel de ce que j'avais à dire sur les architectures que nous avons rencontrées. J'espère que vous avez pu voir toutes les photos et que ce petit voyage virtuel vous a plu (et donné envie de partir au Bénin !).
A bientôt pour la suite de nos aventures béninoises... ;)