Bonjour à tous,
J'ai demandé à Marie de me créer un profil de rédacteur (ce qu'elle a généreusement accepté) pour pouvoir vous soumettre une question profonde. Je n'ai en effet pu m'empêcher de remarquer le niveau exceptionnel des reflexions échangées sur ce blog, et j'aimerais profiter de votre grande science (toujours commencer par une petit flatterie, histoire de capter l'attention du lecteur...). Plus sérieusement, j'aimerais profiter de votre diversité et de votre réelle culture.
Au fait ! ! !
Voilà. La question ne vient pas de moi, mais de mon ami Antoine, étudiant lyonnais, oups ! villeurbannais, en psychologie. Il m'a posé il y a quelques temps (oui, mes réponses sont toujours aussi rapides. Désolé.) une question à laquelle je ne me sens pas de répondre tout seul. Je me tourne donc vers vous pour l'aider. Voici donc un extrait du message qu'Antoine m'a envoyé. J'espère qu'il ne m'en voudra pas de divulguer des choses peut-être personnelles.

Ouvrez les guillemets:

On a décidé de monter un groupe de débat / travail avec des collègues. Et depuis hier, je m'intéresse tout particulièrement à une question qui m'avait interpelé il y a quelques années par le biais d'un article dans Sciences et vie et que je soumettrai sans doute aux autres. Si je t'en parle, c'est que ce n'est (a priori) pas sans lien avec ce que tu fais, toi. L'article relatait les travaux de Jean-Louis Krivine et les hypothèses qu'il a faites sur le fonctionnement de l'intelligence humaine : je vais essayer de t'expliquer brièvement (pas simple !!!). Krivine pense que le cerveau fonctionne comme un ordinateur dans le sens où l'homme aurait cherché à reproduire inconsciemment son propre fonctionnement mental : que les diverses langues, les maths etc. émergeraient d'un principe de base : le lambda calcul.
L'idée est donc qu'il existe une étroite corrélation entre l'ordinateur et le cerveau et que par conséquent, certaines fonctions, certains programmes seraient la reproduction de fonctions / programmes de notre cerveau. Ainsi, il fait l'hypothèse que le sommeil humain (et l'activité onirique) serait "le modèle" qui aurait servi à créer le programme du désassembleur (en gros, c'est le scandisk, la vérification du système): les rêves seraient une sorte d'équivalent de tentatives de restauration de bug cérébral. Comme la question du rêve est assez centrale en métapsychologie, je pense qu'une réflexion sur cette idée peut apporter un regard absolument nouveau. Si je te parle de ça, c'est parce que la réduction en lambda calcul du programme du désassembleur est la même que celle d'un théorème mathématique : l'incomplétude de Gödel. Tu dois bien maîtriser un petit peu le sujet (mieux que moi, de toute manière) : qu'est-ce que tu peux m'en dire ? Je me suis déjà intéressé à la question et je pense avoir pigé l'essentiel concernant l'incomplétude (et l'inconsistance), sans entrer dans la démonstration mathématique (là, c'est la noyade assurée !). Mais je me demande quelles sont ses implications, ses applications, si on peut le sortir du champ des maths, élargir un peu. Grosso modo, j'aimerais capter le lien qu'il y a (peut-être) entre l'incomplétude et la fonction du rêve. J'espère que j'ai été à peu près compréhensible.



Fermez les guillemets.

Ouf ! ! Comme vous le voyez, c'est dense, et pas évident à première vue. Mais j'espère que cela va stimuler tout plein vos neurones, et que vous aurez plein de choses à nous dire. Personnellement, je vais être très lâche, et je ne vais pas encore essayer de répondre. Mais ça viendra (dès que j'aurai un peu bossé mon lambda-calcul!!).
Merci d'avance pour votre collaboration.

JB