La Part de l'autre
Par Marie Becker,
mercredi 15 février 2006 à 20:39 :: Coups de coeur
:: #94
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Thèmes : culture(s), idéaux, littérature, politique, psycho, religion, révolte
Un roman d'Eric-Emmanuel Schmitt qui mérite bien d'apparaître dans cette rubrique...
De toute façon, si ça n'avait pas été autour de ce roman, j'aurais trouvé une autre occasion de parler de ce grand artiste qu'est EES.
J'avais déjà failli ouvrir un billet l'an dernier quand nous étions allés voir l'Evangile selon Pilate avec Alain. C'était si extraordinaire et cela résonnait si fort en moi qu'à chaque fois que le silence était rompu par un nouveau flot de paroles, je hurlais intérieurement "Taisez-vous, laissez-moi méditer encore un peu !". Mais tout allait bien trop vite...
Je me suis toujours dit qu'un bon livre est un livre qui ne laisse pas indifférent. C'est-à-dire un livre qui nous transforme intérieurement. Un livre qui nous a tellement tendu, tellement fait vibrer, tellement travaillé et perturbé qu'on en ressort autre.
Eh bien là, je dois dire qu'Eric-Emmanuel Schmitt ne m'a jamais déçue (pour ce que j'en connais). Entre Oscar et la dame rose qui m'a fait pleurer pendant des heures et des heures tout en renouvelant mon rapport à la foi (j'ai failli vous en servir un morceau pour notre mariage), Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran qui m'a entraînée dans un coin secret de ma conscience, l'Evangile selon Pilate qui m'a ouvert les yeux sur certains aspects de ma foi (une fois de plus !) et m'a permis des méditations plus profondes que jamais, et enfin la Part de l'autre dont je vais vous parler maintenant, je dois dire qu'EES est en quelque sorte l'écrivain que j'aurais aimé devenir si je n'avais pas choisi une toute autre voie (rien n'est définitif, cela va de soi, mais ces livres-là sont déjà écrits et ne seront jamais les miens...
).
En fait, c'est un peu difficile, et je ne sais pas par quel bout attraper ce billet. J'ai tant à dire, tant de choses qui ont bougé en moi, et tellement peur, du même coup, de les rendre tout à fait quelconques et inintéressantes...
Je ne vois pas comment dire autre chose que lisez-le ! Aucun mot ne peut dire la grandeur de ce roman...
Un tout petit minuscule résumé toutefois pour vous mettre en appétence (quel terme snob, n'est-il point ?). Mais je ne vais que survoler le thème du livre et vous laisser découvrir la suite tous seuls. Alors, donc... Il s'agit d'un roman parlant d'Hitler. En fait, vous le saviez peut-être déjà (mais peut-être pas), Hitler, dans ses jeunes années, aspirait devenir peintre et a tenté à deux reprises le concours de l'école des Beaux-Arts de Vienne, concours qu'il a raté par deux reprises. Des thèses ont été écrites comme quoi cette frustration initiale serait à l'origine de sa colère intérieure et aurait amené Hitler à devenir le monstre qu'on connaît.
Eric-Ammanuel Schmitt ne reprend pas cette thèse à son compte, mais part de cet événement fondateur de la vie d'Hitler pour construire deux histoires parallèles : celle du vrai Hitler qui a échoué dans ses études, et celle d'Adolf H. qui a, lui, réussi ce concours. On assiste donc, d'un côté, à l'émergence d'Hitler tel qu'on le connaît, et d'un autre côté, à l'itinéraire de vie d'un Hitler qui aurait forcément connu une autre histoire s'il avait pu devenir peintre.
Bon, résumé ainsi, c'est un peu quelconque. Enfin, l'idée est éblouissante mais met aussi mal à l'aise. EES ne défend pas une thèse selon laquelle cet événement serait à l'origine de la Shoah, rassurez-vous. Il divague juste sur les choix de vie. Qu'est-ce qui est fondateur dans une vie ? Comment est-il possible qu'avec le même passé et les mêmes caractéristiques mentales, deux êtres prennent des chemins si différents l'un de l'autre ? Qu'est-ce qui fait qu'on devient ce qu'on est ?
Bref, EES part du personnage historique d'Hitler (et il s'est documenté pour baser son histoire sur des faits vraiment solides), mais il nous montre en réalité toute l'humanité et sa vie faite de choix et d'interprétations (et, comme il le dit dans les extraits de son journal qui sont livrés à la fin du roman : Hitler n'est devenu ce qu'il est non pas seulement à cause de son échec au concours, mais aussi et surtout à cause de l'interprétation qu'il en a fait).
Bref, voilà pour la fiction - et ne croyez pas qu'il nous décrit juste un méchant contre un gentil. Au départ, Adolf H. est franchement déagréable et même détestable, alors qu'Hitler a un côté touchant. Oui, je sais, c'est peut-être ça qui met mal à l'aise quand on commence la lecture de ce roman.
Quoi qu'il en soit, l'intrigue ne suffit pas pour donner naissance au chef-d'oeuvre, et Eric-Emmanuel Schmitt (quelle idée d'avoir un nom aussi long !) construit sa fiction avec un style hors du commun. Il est tout simplement incroyable ! Même remarque que précédemment : je ne trouve pas les mots qui conviennent pour décrire ce que je ressens quand je lis un de ses livres. C'est d'une force incroyable. Les mots portent l'histoire, la soutiennent, l'entourent et la protègent, ils la disent et tout est là, simplement, en silence, j'en reste atterrée, comme suspendue entre deux mondes (celui dans lequel il me faut bien vivre, momentanément fade, et celui dans lequel m'entraîne la plume d'Eric-Emmanuel Schmitt).
Bon, trève de blabla, si j'en citais un bout, vous verriez mieux de quoi il retourne, non ? (Mais ai-je le droit de reproduire cet extrait ou s'agit-il d'un délit de photocopillage ?).
En réalité, j'ai beaucoup hésité sur le passage à vous citer. J'avais en tête de vous donner un morceau de la guerre de 14 - la fuite au milieu des bombes pour survivre à tout prix. J'avais trouvé l'écriture de ce passage vraiment très poétique (étonnamment...). Mais, finalement, je choisis Hitler et sa façon de haranguer la foule. Non que ce passage soit meilleur qu'un autre, mais je compte lancer le débat sur Hitler et sur la politique dans la suite de ce billet... Alors je vous livre ce passage, vraiment fort, qui - à mon avis - procède autant de vertus littéraires que de l'observation des hommes... (ce qui est rigolo, c'est que les passages que j'ai préférés dans le livre sont justement ceux dont parle EES à la fin dans son journal... Par exemple au aujet de l'amitié, c'est superbe ce qu'il écrit !).
Allez, j'y vais, en essayant de ne pas recopier plus de 10 pages du livre !
Vous retrouverez tout cela pages 363 et 364 de l'édition 2001 chez Albin Michel.
Il est là. Il fait face à la foule. Ce ne sont encore que les préliminaires.
La foule est une femme ; la femme est longue à venir ; Hitler est un grand amant parce qu'il est encore plus lent qu'elle. Dès le départ, il livre des arguments, des idées, mais il donne peu. Il traîne. Il retient. Il veut créer l'envie dans la foule. Il veut qu'elle s'ouvre. Il garde ses assauts pour plus tard. Par contre, lorsqu'il s'échauffera, il sera fort, bandant, inépuisable.
En amour, on appelle ça un étalon ; en politique, un démagogue. Le secret de la réussite, c'est de ne penser qu'à la jouissance de l'autre.
Hitler commence à faire frémir la foule. Elle applaudit. Elle veut participer. Il l'attise, la laisse faire, la retient, plaque sa bouche sur la sienne pour l'empêcher de crier. Il va et vient, il se retire, il enlève son bâillon : elle exulte.
Il redonne l'assaut. Elle s'étonne. Quoi ? Déjà ?
Il va. Il insiste. Elle suit. Elle crie. Il continue.
Elle gémit. Il change de rythme. Elle ronronne et se plaint à la fois. Il accélère. Le coeur s'emballe. Elle jouit.
Il enchaîne immédiatement. Non. Elle n'en peut plus. Elle est convaincue. Elle a compris. Personne n'est meilleur. Si. Il insiste et curieusement, elle repart avec lui. Maintenant, sa volonté est vaincue, elle lui appartient, il est son maître, il fait d'elle ce qu'il veut. Il est son présent, son avenir car il est déjà son meilleur souvenir.
Elle jouit encore, et encore, et encore.
Maintenant, elle ne distingue même plus les pics de l'orgasme, elle n'est plus qu'abandon. Elle hurle continuellement.
Et pendant qu'il la laboure, elle lui promet tout ce qu'il veut. Oui. Avec toi. Plus sans toi. Jamais.
Il se retire d'un coup et disparaît.
Elle a subitement mal.
Contre la douleur s'élèvent des musiques. Pour se remettre, la foule chante. Elle redescend dans le monde normal.
Oui, c'est promis. Il reviendra.
Pouf, ça me laisse sans voix.
Mais parlons maintenant du fond de l'histoire.
Eric-Emmanuel Schmitt raconte dans son journal qu'il a eu du mal à se faire entendre quand il a voulu écrire ce livre. Beaucoup de gens ont trouvé choquant qu'il puisse raconter une histoire où Hitler ne serait pas le monstre qu'il a été. Car c'est tellement plus facile si Hitler est un monstre. Cela signifie clairement que nous n'avons rien à voir avec lui. Que nous ne pouvons pas sombrer dans la barbarie. D'ailleurs, à ce sujet, j'aime beaucoup la distinction qu'opère Soeur Lucie entre le monstre égocentrique et le monstre altruiste. C'est passionnant (je vous laisse la joie de le découvrir par vous-mêmes ! A moins que votre insistance ne me convainque en fin de compte à vous en livrer un p'tit bout).
Toujours est-il que ce sont des gens comme tout le monde qui sont devenus des dictateurs, qui ont éliminé des populations entières (je pourrais là ne parler que d'Hitler ou de Staline, mais il y en a eu bien plus, à toutes les époques, et sur tous les continents...). Et s'ils sont parvenus à leurs fins, c'est que d'autres ont suivi. Et d'autres encore. Des grands, des moyens et aussi des petits. Surtout des petits ?
Alors, si je veux bien croire à l'existence d'un monstre, voire de deux, je ne peux en revanche pas imaginer qu'ils soient si nombreux. Et on a bien vu dans toutes les périodes extrêmes de l'histoire, que chacun se révèle à lui de façon inattendue, et que le pire comme le meilleur peuvent alors se produire. Eric-Emmanuel Schmitt ne nous donne pas la solution du problème, mais il nous offre une clef qui nous aide à mieux comprendre les processus qui peuvent mener des hommes à la monstruosité. Ou au contraire, à la lumière.
Acceptes-tu de souffrir, mon enfant ?
En tout cas, une chose me semble très actuelle, c'est la façon dont Hitler s'adresse aux foules. C'est un orateur, tout le monde s'accorde à le dire. Sauf que, quand on regarde cela d'un peu plus près, il se trouve que c'est faux : Hitler n'est pas un orateur-né, il est même carrément nul. Mais il fait frémir les foules, et même ceux qui ne sont pas convaincus par son discours l'acclament.
Pourquoi ?
Eric-Emmanuel Schmitt nous montre, au long de son livre, comment Hitler apprend à plaire aux foules : il s'adresse à leurs sentiments négatifs. Je sais, cela n'est pas nouveau, mais vous verrez dans le roman (si mon speech vous donne envie d'aller plus loin) que c'est relativement subtil. Et c'est un mécanisme qu'on retrouve maintenant, chez à peu près tous les extrémistes, de Le Pen à AlQuaïda en passant par Bush (je ne peux même pas être désolée de le mettre dans le même sac que les autres, son fanatisme le rend aussi dangereux que ses pires ennemis et il n'a pas moins de morts sur la conscience - mais on peut en reparler si vous le souhaitez, mon blog n'est pas censuré).
En fait, Hitler a sûrement mené cela à son extrême, mais en le voyant parler dans ce roman, j'ai entendu Le Pen. Attention, je ne suis pas en train de dire que Le Pen - Hitler même combat, bien heureusement, malgré ma haine du FN, je crois que ses propositions sont un peu moins radicales que celles des nazis en leur temps. Je dis juste qu'ils utilisent les mêmes ficelles. Les mêmes que Poujade aussi, d'ailleurs. En s'adressant aux sentiments des gens, plutôt qu'à leur raison, pour commencer - ce qui fait qu'on les sous-estime toujours (ben oui, si on réfléchit, ils ne proposent rien de bien intelligent ou qui puisse tenir la route... Oui, mais justement, on ne réfléchit pas quand on les écoute, et c'est de là que vient tout le problème). Et c'est cela qui les rend dangereux !
Et encore, s'ils s'adressaient aux sentiments bons des gens, comme Jésus. Mais non, on fait ressortir les sentiments noirs et mauvais, on tire les gens du côté obscur de la force (et oui, on y revient encore). On les manipule finalement en jouant sur leurs peurs, leur haine, leurs frustrations, leur colère, leur désespoir, leur envie de se venger. On leur désigne un ennemi (l'étranger, le patronat, le prêtre...), et le tour est joué. Comme toujours. Repli égoïste et frilosité, je l'écrivais hier.
Alors qu'on pourrait aussi bien faire le contraire. Et rien ne prouve que ça ne marcherait pas. C'est vrai, souvenez-vous de la coupe du monde 98 (je sais, mon exemple est un peu niais, mais à mes yeux il a du sens) : la France était une grande nation où tout le monde s'aimait et était prêt à faire front dans un élan de générosité et de solidarité. Alors pourquoi doit-on maintenant faire rimer nation avec exclusion ?
De toute façon, je suis d'accord avec EES : l'émotion est dangereuse en politique. Elle amène toujours à de mauvais choix. Et, même si ça n'est pas très bien vu actuellement de le dire, je crois qu'il a raison de parler de la création de l'Etat d'Israël, qui n'aurait peut-être pas eu lieu sans Hitler. Qui n'aurait en tout cas pas été si hâtive. Qui aurait peut-être été plus réfléchie, plus attentive aux autres, plus généreuse et plus respectueuse des Palestiniens (sujet qui me tient à coeur et qui aura sûrement l'honneur d'un billet, un de ces jours). Et l'Amérique serait-elle devenue gendarme du monde sans Hitler et sans les scientifiques qui s'y sont réfugiés ? Bush serait-il à même d'émouvoir le monde arabe ?
Mais en tout cas, ce livre permet une réflexion politique approfondie. Et je le dis et le redis encore : vous ne vous méfierez jamais assez de ces orateurs. Hitler a été à l'origine de 50 millions de morts (certes, pas à lui tout seul, mais enfin), Poujade a failli tuer la République, Le Pen était présent au 2° tour des présidentielles en 2002... Ne sous-estimez pas ces hommes. Ce ne sont pas des bouffons ! Ne riez pas de leurs délires paranoïaques et de leurs accès de colère (très travaillés). Ce sont eux qui les rendent dangereux. Parce qu'il y a des hommes bien plus intelligents à l'extrême-droite, mais leur raison ne les aide pas à se faire entendre du peuple. Etonnamment, le plus intelligent n'est pas forcément celui qui pourra entraîner le monde à la catastrophe - ni même seulement un pays.
Pour en finir avec la figure d'Hitler, je dois dire que c'est quelqu'un qui m'a toujours énormément fait réfléchir. Il m'a toujours révulsée. Je l'ai en horreur. Ses monstruosités sont gravées dans ma mémoire et dans mon corps à tout jamais.
Comment peut-on en arriver là ?
En tant que chrétienne, et c'est là que j'ouvre sans doute la polémique (quoique... tels que je vous connais, vous avez dû sursauter bien avant), je ne peux pas imaginer que Dieu ne l'aime pas. Oups, ça y est, c'est dit. Dieu aime forcément, nécessairement, Hitler.
Pas moi.
Alors que Dieu me demande d'aimer mes ennemis.
Je sais que ça peut paraître idiot, cela peut ressembler aussi à de la masturbation mentale, mais pour moi, cette question est essentielle.
Je ne pense pas que je sois autorisée à pardonner à Hitler, dans la mesure où je ne suis pas l'une de ses victimes. Du moins, pas directement. Je pense qu'il a blessé toute l'humanité, donc indirectement moi, mais bon... Le pardon doit venir de ceux qu'il a tués, déportés, torturés, assassinés, traumatisés dans leur corps et dans leur âme.
Mais moi, en tant que chrétienne, je ne peux pas prendre son parti, mais je ne peux pas non plus ne pas l'aimer. Sauf que je ne l'aime pas.
C'est une question qui me travaille beaucoup (j'ai commencé un roman portant sur cette période des années 30 et de la montée du nazisme, en essayant de trouver des réponses à des questions qui n'en ont peut-être pas - la résistance, la collaboration, l'humanité, la monstruosité...). Je ne peux pas dire que de tout mal Dieu fait naître un bien. Même si je sais que c'est vrai, je sais aussi que c'est faux. Un plus grand bien naît d'un bien, pas d'un mal. Dieu nous aide juste à donner du sens aux soufrrances que nous avons vécues pour que nous ne devenions pas fous. Mais il ne souhaite pas ce mal pour nous, et nous ferait grandir sans lui, plus vite et plus sûrement.
Alors demeure, une fois de plus, la question de la souffrance.
Et je vois Dieu ouvrant ses bras à Hitler. Ce Hitler que rien ne justifie. Ce Hitler qui est peut-être potentiellement présent en chacun de nous. Un père cesse-t-il d'aimer son enfant parce qu'il s'est mal comporté ?
C'est horrible. J'écris ces mots, et ils me blessent, parce que je ne peux pas concevoir ni cet amour de Dieu, ni cette monstruosité d'Hitler... Je sais juste que ça me travaille. Que je pleure. Et qu'Eric-Emmanuel Schmitt m'a aidé à avancer. Reste à savoir où je vais maintenant...
Commentaires
1. Le mercredi 15 février 2006 à 23:27, par Adrienhb
2. Le jeudi 16 février 2006 à 01:32, par moala
3. Le jeudi 16 février 2006 à 02:35, par Mariesg
4. Le jeudi 16 février 2006 à 02:47, par Marie
5. Le jeudi 16 février 2006 à 13:25, par moala
6. Le jeudi 16 février 2006 à 13:54, par dunja
7. Le jeudi 16 février 2006 à 14:53, par moala
8. Le jeudi 16 février 2006 à 15:47, par Mariesg
9. Le jeudi 16 février 2006 à 15:50, par Marie
10. Le jeudi 16 février 2006 à 18:51, par dunja
11. Le jeudi 16 février 2006 à 18:55, par dunja
12. Le jeudi 16 février 2006 à 23:05, par moala
13. Le vendredi 17 février 2006 à 00:21, par Marie.net
14. Le vendredi 17 février 2006 à 01:24, par moala
15. Le vendredi 17 février 2006 à 01:32, par moala
16. Le samedi 18 février 2006 à 02:59, par Mariesg
17. Le mardi 21 février 2006 à 17:48, par Damien
18. Le mercredi 22 février 2006 à 02:30, par Mariesg
19. Le jeudi 19 octobre 2006 à 17:10, par dunja
20. Le jeudi 19 octobre 2006 à 23:27, par Mariesg
21. Le vendredi 10 novembre 2006 à 19:05, par Damien
22. Le dimanche 12 novembre 2006 à 22:22, par Mariesg
23. Le mardi 14 novembre 2006 à 15:01, par Damien
24. Le mardi 14 novembre 2006 à 22:28, par Mariesg
25. Le lundi 17 septembre 2007 à 15:54, par K.
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