Biocarburants
Par Marie Becker,
vendredi 14 juillet 2006 à 22:08 :: Développement durable
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Thèmes : culture(s), environnement, Etat, idéaux, nature, politique, révolte
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur ces carburants bio... (enfin, à enrichir, parce que je ne suis pas très au point, en fin de compte).
En fait, je ne sais pas pourquoi je me lance là-dedans, je ne suis pas du tout spécialisée dans ce domaine, mais... Chose promise, chose due, et je compte sur vous pour complèter ce qui manquera et rectifier les erreurs... (bon sang, mais qu'est-ce que je fais là, moi ? Pourquoi je ne parle pas tout simplement d'école ?).
Bref, en fait, ce qui m'a lancée dans ce sujet, c'est une conversation sur IRC avec Xulin - paix à son âme - qui était très remonté contre le gouvernement au sujet de ces biocarburants. Si je me souviens bien, il me disait avoir testé un carburant à base d'huile végétale (après avoir adapté son véhicule). Sauf que c'est interdit par la loi en France. Pourquoi ? Ben... Allez savoir quelles sont les magouilles politiques que ça cache. Probablement encore des histoires de gros sous (quelles TIPP toucherait notre pays si on roulait tous au tournesol ?).
Bref, ça m'a révoltée.
Ensuite, j'ai lu à droite à gauche sur le sujet (notamment grâce à de nombreux liens sponorisés par Moala...), et je commence à me faire ma petite idée sur la question... Et c'est pas glorieux pour la France.
Alors, pour commencer, quelques mots sur l'huile végétale en tant que carburant :
- C'est utilisable dans tous les véhicules diesel. Sans adaptation aucune, vous pouvez mettre de l'huile à conditon de ne pas dépasser 30% d'huile pour 70% de carburant habituel. Pratique, pas cher, moins polluant. Ensuite, avec des adaptations techniques, vous pouvez passer à 100% d'huile (seulement 150€ de travaux sur votre voiture pour installer une petite pompe qui sert à je ne sais plus quoi).
- C'est beaucoup moins polluant que le carburant classique : moins de gaz à effet de serre produits, pas de rejets de benzène, de dioxyde d'azote, de soufre ou de plomb, des rejets de CO2 mais uniquement égaux à ce que la plante d'où on tire l'huile avait absorbé pendant sa croissance, donc rien de supplémentaire, trois fois moins de particules rejetées que si on utilise un moteur à essence normal. Bref, tout écolo. Sauf que, attention quand même : la production intensive d'huile végétale peut utiliser plein d'engrais ou de produits sales qui pollueraient le sol et les eaux. Donc méfiance.
- Mais, très intéressant : alors que la production d'un litre d'essence vendue en pompe (extraction + transport + raffinage + distribution) nécessite l'énergie de 1,2 litres de pétrole, les biocarburants, eux, restituent de 2 à 6 fois plus d'énergie que ce que leur production (culture + irrigation + récolte + transport) a coûté. C'est donc énergétiquement économique. Sans compter que les déchets produits forment des tourteaux de protéines végétales très utiles pour l'alimentation animale (et importés actuellement à 80% d'Asie, donc on aurait intérêt à produire ça proprement chez nous...).
- Quelle huile utiliser ? Celle que vous voulez. En général, il vaut mieux éviter votre huile de cuisine :elle est pressée à chaud, ça pollue pas mal à la fabrication, en fait. C'est-à-dire que techniquement, ça marche, vous économisez (environ 20€ d'économie sur un plein, c'est pas mal, non ?), mais les effets secondaires contrebalancent le bénéfice... Alors vous pouvez utiliser les services d'un pote agriculteur qui presse lui-même son huile. Vous pouvez aussi faire un truc très futé : aller dans un fast-food, près de chez vous, récupérer ses bacs d'huile de friture usagée et filtrer ce truc immonde et puant. Aussi fou que cela puisse paraître, ça marche... D'ailleurs, la preuve, un article du Monde - bon, sauf que c'est plus accessible, qu'il faut payer pour y avoir accès parce que c'est un peu vieux, mais vous avez le chapeau qui vous prouve que je ne mens pas - et j'en ai entendu parler ailleurs aussi... Si si si... Il paraît seulement que l'odeur n'est pas terrible (poisson, friture...) enfin, rien d'aussi horrible que les odeurs actuelles, et puis un filtre suffit à les filtrer (justement).
- Le problème maintenant : c'est illégal. Sauf pour les agriculteurs qui ont le droit de presser leur huile pour abreuver les réservoirs de leurs tracteurs. D'ailleurs, de la part de Moala, voilà un article assez énervant sur le sujet, où une municipalité se retrouve en procès pour avoir essayé de protéger son environnement (et économiser la modique somme de 50 000€ par an, qui pourraient servir à créer du logement social par exemple, mais là n'est pas la question...). GRRRR.
En plus, il me semble que la loi française à ce sujet est en désaccord avec les directives de Bruxelles (je crois en avoir parlé avec Moala à un moment ou à un autre - est-ce que tu peux confirmer ?) qui sont d'aider au développement des biocarburants. Sauf que la seule solution pour l'Etat de continuer à percevoir des taxes, c'est de travailler à grande échelle avec des biocarburants impurs, additionnés de pétrole ou de je ne sais quoi d'autre. Ah, ça y est, j'ai les références du texte : directive de Bruxelles du 8 mai 2003 - "reconnaître l'huile végétale comme un carburant à part entière". Malgré tout, c'est interdit en France, on risque 150€ d'amende ainsi qu'une estimation des arriérés sur la TIPP. Bref, c'est lourd. Et je me demande quand la France sera sanctionnée par Bruxelles sur ce sujet-là. Parce qu'il y a forcément eu des plaintes de portées devant le tribunal européen...
En tout cas, ça fait mal au coeur de se dire qu'on fait une fois de plus passer le capital avant le souci de la vie. Parce que là, avec la pollution, les gaz à effet de serre et toutes ce ssortes de choses, on hypothèque notre avenir. A tous, pas seulement aux pauvres (pour une fois). Comment peut-on encore jouer avec la vie de tous quand on sait à quelle vitesse la planète s'abime ? Parfois, la politique me dépasse...
Et c'est plus que dommage quand on voit l'inventivité humaine. De la voiture qui roule à la canne à sucre en Afrique du Sud au temps de l'embargo à celle qui roule à la betterave rouge en Amérique latine, en passant par l'huile de colza de Bayroux (tiens, d'ailleurs, c'était légal son truc, à lui ? Ou bien , en tant qu'homme politique....), on a trouvé pas mal de solutions de remplacement, non ?
En tout état de cause, il ne faut tout de même pas s'emballer : l'utilisation de biocarburants comme les huiles végétales est certes une solution qu'on peut apporter aux probèmes de pollution et à la diminution des réserves de pétrole. Mais il ne faut pas oublier qu'il y a toujours un risque à passer d'une solution locale viable à un traitement de masse. Risque d'autres pollutions (comme je le disais, attention aux engrais et pesticides). Et par ailleurs, il semblerait que la production d'huiles végétales demande un espace considérable. Certains (réfutés par d'autres) vont même jusqu'à dire que la surface totale des terres cultivables mondiales ne suffirait pas à pallier la diminution des réserves de pétrole. Alors bon...
Autre solution, utiliser les algues pour créer de l'huile. Pas mal, d'autant que les algues absorbent pas mal de CO2 et se reproduisent très vite, donc qu'on pourrait raisonnablement imaginer un système très productif et peu nocif. Tiens, je vous donne un lien que m'a conseillé Dunja, sur justement l'utilisation des algues pour stocker le CO2 et donner un peu plus de temps de vie à notre planète. A prendre avec des pincettes, comme tout, mais intéressant et stimulant (et constructif, pour une fois).
La seule bonne nouvelle pour ce soir, c'est que vous avez déjà des biocarburants dans vos réservoirs... Vous ne le saviez pas ? Et bien figurez-vous que l'essence et le gasoil actuels sont composés de diester et de bioéthanol à hauteur de 0,80%. Impressionnant, n'est-il pas ? (j'ai un peu l'impression qu'on se fout de notre goule, pas vous ?).
En bref ? Ben, c'est pas gagné. Luttez ! Continuez à y croire, et puis on réussira peut-être à faire doucement avancer les choses... A force d'en parler, il y aura sûrement des prises de conscience puis des décisions... Non ?
J'en profite pour remercier le magazine la Vie à qui j'ai piqué plein d'informations sur le sujet. Et pis merci à tous ceux qui m'ont fait réfléchir sur la question, je crois que c'est vraiment quelque chose d'essentiel...
J'en profite aussi pour faire un petit point sur d'autres types de véhicules a priori moins polluants :
- Le GPL, c'est vrai que ça pollue moins que l'essence, mais c'est pas terrible quand même parce que ça participe de l'effet de serre.
- Les voitures électriques, c'est mieux. Sauf que ça nécessite de s'appuyer sur le nucléaire (on en a déjà parlé là, il y a du positif et du négatif là-dedans) et surtout que les batteries usagées sont difficiles à recycler (mais idem pour nos voitures à essence, enfin moi, ce que j'en dis...).
Un petit espoir ? Nous avons trouvé la mention d'une nouvelle énergie a priori peu coûteuse et peu polluante, renouvelable, bref parfaite... Si vous voulez en savoir plus, c'est hallucinant, il paraîtrait qu'on saurait créer des températures supérieures au noyau solaire : plus de 2 milliards de degrés, vous imaginez le truc ?
Cela semble crédible, en plus, comme info, reste à savoir ce que l'Homme en fera...
En tout cas, une chose me rassure réellement, c'est la capacité de l'être humain à s'adapter et à trouver des solutions aux problèmes qu'il s'est lui-même créés. Espérons que ça va durer et qu'on parviendra à sauver la Terre ! Je me sens presque optimiste ce soir ! 
Commentaires
1. Le jeudi 3 août 2006 à 12:49, par Marie
2. Le vendredi 11 mai 2007 à 13:59, par Estelle
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