Coupe du Monde
Par Marie Becker,
dimanche 16 juillet 2006 à 01:58 :: Société
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Thèmes : banlieue, idéaux, nature, révolte, solidarité, sport, éducation
De foot, bien sûr... (et en retard, mais bon, passons...).
Bon, vous l'avez constaté, j'ai été super à la bourre le mois dernier et je n'ai rien eu le temps de faire pour ce blog... Du coup, un billet sur la coupe du monde paraît assez anachronique alors que tout est terminé et qu'on sait déjà qu'on a perdu (quel malheur !). Mais bon, je tenais à écrire sur ce sujet, donc je le fais - et maintenant, qui plus est, parce que si j'attends autant que pour les autres, ça n'aura vraiment plus aucun sens...
Donc, en vrac, quelques réflexions...
La première chose que je voulais dire, c'est que j'aime les années de coupe du monde ou de coupe d'Europe, parce que ça crée de grands élans de solidarité dans les rues. Les gens deviennent sociables, parlent avec tout le monde, sourient, discutent, sont remplis d'espoir. C'est agréable de vivre dans cette sorte d'euphorie généralisée. Bon, évidemment, quand la France perd, on déchante vite - je pense pearticulièrement à 2002 où en fait d'euphorie, on avait eu du boudin - hum !
N'empêche, globalement, moi j'ai aimé cette période où même ceux qui n'aimaient pas le foot en parlaient. Une journée entière dans Paris peinturlurée en bleu-blanc-rouge, ça permet de faire un paquet de rencontres. Les gens viennent voir, prennent la température, discutent. Ce sont des gens avec qui je n'aurais jamais parlé sinon. Ils n'étaient pas forcément d'accord avec moi, mais ils ont exposé leur point de vue et on a parlé de plein de choses, même de politique, c'est pour dire... Rencontres éphémères qui donnent de l'espoir et un sens à des vies grises.
Et puis des rencontres que j'espère plus durables, avec des gens que nous reverrons. On a sympathisés avec les serveurs d'un bar. On est potes, maintenant, on se tutoie, on parle de choses importantes - encore une fois la politique et puis le boulot, l'amour et le reste...
En bref, le genre d'événements qui fait de la France une grande nation de toutes les couleurs.
Bon, là, je vais être obligée de nuancer un tout petit peu, parce que j'ai parlé de grand élan de solidarité et de bonheur, mais en fait, le soir de la demi-finale, je me suis fait piquer ma perruque bleue (reste de mon enterrement de vie de jeune fille, qui plus est), et ça c'était beaucoup moins convivial et ça laisse un goût amer.
Comme ce garçon qui est mort dans le métro pour avoir voulu fêter connement la victoire française (toujours en demi-finale). Bref, des choses qui gâchent le bonheur du moment...
Un deuxième bémol : tout ce que cet attrait du foot révèle de notre société. Cette ouverture béante dans laquelle se jettent les médias pour ne surtout pas nous parler des choses importantes qui ont lieu dans le monde et pour nous faire oublier ceux qui crèvent de faim. Ces milliards de dollars brassés par les footballeurs, dans les clubs, dans les pubs... Un scandale quand on pense à tous ces gamins sans le sou dont le plus grand rêve est de devenir "comme Zizou".
Et puis, puisque j'en arrive à Zidane, le dernier bémol : ce coup de tête dont il s'est excusé mais qu'il ne regrette pas. Sûrement que Materazzi l'a cherché et était en tort. Sûrement qu'il devrait être puni. Mais rien n'excuse la violence. Rien ne justifie la violence. Ne pas regretter son geste, ce n'est pas ne pas donner raison aux propos de Materazzi, c'est surtout lui donner la victoire.
Je pense essentiellement à tous ces enfants qui ont vu la violence de leur modèle et qu'il va falloir gérer maintenant dans les écoles et les quartiers (oui, c'est le terme politiquement correct pour dire "cités merdiques ghettoïsantes").
En bref, alors que je m'apprêtais il y a quelques semaines à écrire un billet dithyrambique sur le foot, me voilà pleine d'amertume et de tristesse. Que sont devenus l'espoir et l'euphorie des premiers jours ?
Enfin, c'est juste que la chute et le retour dans le quotidien se font un peu plus rudement que d'habitude. Cela n'enlève heureusement rien aux beautés de l'été, aux ciels d'orage et au chant des oiseaux...
Alors bon été à tous. Ouvrez tous vos sens à la magie de la nature, goûtez les pierres, sentez la terre, écoutez les ruisseaux, enlacez les arbres et contemplez...
Commentaires
1. Le lundi 17 juillet 2006 à 23:06, par Adrienhb
2. Le vendredi 21 juillet 2006 à 00:44, par Mariesg
3. Le samedi 22 juillet 2006 à 00:45, par Adrienhb
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