Oui, parce que, au cas où vous ne le sauriez pas encore, cette année, je me suis mise au yoga et à la sophrologie, avec une prof vraiment très très chouette, et j'adore ça. D'une part parce que la prof est géniale et m'apprend beaucoup. Et d'autre part parce que ça fait vraiment du bien à mon être (du corps au psychisme en passant par la philosophie de vie).
Bref, je ne vais pas ici vous faire la pub du yoga ou de la sophro (quoique...), mais vous narrer une anecdote. Afin que vous puissiez prendre exemple sur moi - qui deviens une yogi accomplie - et progresser dans la gestion de votre puissance mentale... (oui, je sais, ça fait un peu pédant, mais je vous promets un moment de lecture sympathique).

Alors voilà... Ouvrez grand vos oreilles et vos mirettes, et concentrez-vous sur ce petit chapitre de yoga appliqué...

Le début se passe il y a quelques mois, en cours de sophrologie.
Je commence par une petite parenthèse pour expliquer un peu comment se passe une séance. Enfin, très vaguement. Je pourrai développer pour ceux qui souhaitent en savoir plus...
Alors, d'abord, on arrive, on se dit bonjour et on installe la salle (arf ! Chuis trop drôle, moi). Bon, bref... Ce que je vais raconter s'applique aux cours que je suis, pas à tous les cours de sophro. Par exemple, mon ami David se forme en sophro et m'a fait une séance à la Toussaint, ça ne marchait pas tout à fait pareil. Mais bon...
Donc, je reprends, plus sérieusement. D'abord, on commence par une série de mouvements, relativement doux, visant à détendre un peu le corps après la journée de travail, et à prendre conscience de certaines choses : tensions corporelles, sensations diverses, et à évacuer des choses lourdes (colère, stress, fatigue morale...). Ensuite, on fait une petite pause relaxation. Là, la prof nous demande toujours de ne pas bouger et de bien prendre conscience de notre corps et de le détendre au maximum. C'est ce qui permet (quand on ne s'est pas endormi, oups !) de passer à la phase suivante de "voyage intérieur" (ça, ce sont mes termes, pas ceux de la prof). En gros, on se représente intérieurement un scénario (on est pour cela guidés par la prof) qui permet de travailler un point spécifique : confiance en soi, détente, pensées positives, sérénité, projet de vie... Lundi, d'ailleurs, on a eu un scénario initiatique vraiment extraordinaire, où on rencontrait un sage qui s'adressait à nous personnellement et... Euh, désolée, je m'égare. Ce sera pour une autre fois... ;)
Bref, en gros, le but est d'apprendre à prendre soin de soi. C'est-à-dire qu'on apprend à s'appuyer sur des pensées positives et à ne pas se laisser submerger par les affects négatifs. Du coup, en situation de stress, d'angoisse ou de mal-être, on est armé pour vivre les événements le moins mal possible. Euh, grosso modo, tout ça. Parce que je ne suis pas sûre que ce soient les termes officiels. Disons que c'est ce que j'en ressens.
Mais passons, je me suis encore perdue dans une longue parenthèse.

Bref, l'autre jour, suite à une séance de sophro, nous discutions (on fait toujours une sorte de débriefing à la fin de la séance), et une femme demande : "et si ça me démange pendant la relaxation, qu'est-ce que je dois faire, vu que tu nous demandes d'être parfaitement immobiles ?". Moi, qui bouge tout le temps parce que je ne me trouve jamais installée correctement, je pense : "Ben, tu te grattes..." Logique, non ?
Et là, ma prof répond : "Essaye de ne pas te gratter et de détacher ta pensée de la partie du corps qui te démange." L'explication a vite suivi : quand on demande de l'immobilité et qu'on cherche à vider l'esprit, ben l'esprit se révolte. Comme il s'ennuie et n'est pas habitué à ne rien faire, il va tenter de s'occuper. Pour ça, plein de possibilités : il vagabonde vers un tas de choses (en particulier des pensées stressantes) et notamment, il s'occupe en essayant de nous faire croire que quelque chose nous démange, qu'on a une crampe, ou chaud ou froid, ou... Bref, il veut nous amener à bouger, ce qui nous réveillera un peu et relancera la machine l'air de rien. Et adieu la relaxation réelle et durable !
Salaud d'esprit ! J'aurais jamais cru ça de lui ! Va falloir que je l'aie à l'oeil, celui-là...
Fin des prolégomènes.

Quelques semaines plus tard, à savoir jeudi dernier, me voilà en cours de yoga. Bon, vous me pardonnerez, mais je n'entre pas dans le détail du déroulement d'une séance de yoga, de l'éveil pulmonaire à la relaxation finale en passant par les postures intermédiaires...
Bref, on peut faire du yoga sans faire de sophro ou de la sophro sans yoga, là n'est pas la question. Mais toujours est-il que c'est la même prof qui me donne les deux cours, et que, forcément, certains éléments sont présents dans ces deux disciplines et ont un lien. Et pour moi, c'est vraiment complémentaire, mais là n'est toujours pas la question...
En fin de séance, me voilà allongée sur le dos, les yeux fermés, cherchant à me relaxer et à détendre tous les muscles que j'ai sollicités pendant un peu plus d'une heure. Je me concentre sur ce que dit la prof pour profiter de son aide. Et voilà que ma main commence à me démanger. Je bouge pour me gratter quand, soudain, une voix intérieure me murmure : "Marie, attention, ton esprit te joue des tours, il faut que tu fasses abstraction de ce que tu ressens. N'écoute pas ta main, mais concentre-toi sur la voix de ta prof et détends-toi." Je sens la démangeaison qui s'accroît, mais je suis hyper forte et je ne me gratte pas. Une dizaine de minutes passent, durant lesquelles je ne m'endors pas et je ne somnole même pas, miracle !
Quand la lumière se rallume, je suis vraiment heureuse : j'ai réussi à ne pas me gratter, j'ai été plus rusée que mon esprit et que mon corps, ah ah ! Bien fait pour eux. Je suis carrément fière, c'est la première fois que ça m'arrive de dominer ainsi mon corps... Je crois que je commence à atteindre une certaine maîtrise de moi, même si - du coup - à lutter contre la démangeaison, je ne suis pas à proprement parler détendue. Trop forte, non ? Allez, prenez exemple sur moi, et apprenez à vaincre les ruses de votre corps tellurique (y'a des mots, comme ça, que j'adore, même si j'ai du mal à me représenter le concept...).

Ah, j'allais oublier la conclusion : j'ai maintenant un gros bouton sur la main gauche. Eh oui, en fait, ce qui me démangeait, c'était pas du tout mon esprit vagabond mais une saloperie de moustique qui s'est permis de me piquer ! Quel enfoiré ! J'aurais mieux fait de bouger au premier signe de gratture intense, j'aurais peut-être réussi à le tuer d'un coup.
Enfin, ça va me donner des travaux pratiques : j'ai maintenant à tenir une semaine sans me gratter. C'est cool, non ?
Sans compter les réflexions que m'inspire cet événement quant au réchauffement climatique (un moustique au 15 mars, non mais, je rêve !).

Ah, pis aussi, j'en profite pour vous donner un petit exercice pratique pour éduquer votre esprit : d'ici quelques temps, vous allez constater que vous ne pouvez plus laisser de commentaires sur mon blog. Ne vous énervez pas. Ne cherchez pas à gratter votre clavier. Restez zen et demeurez dans la relaxation.
En fait, Ouvaton, notre hébergeur, est en train de migrer et nous demande donc de migrer avec lui. Du coup, il va falloir que nous fermions temporairement non pas nos sites, mais en tout cas, les modifications qu'on peut y faire. Donc plus de commentaires.
Mais dites-vous que vous devez résister contre la déception et l'ennui, prenez tout cela avec légèreté et revenez sur mon blog dix à quinze fois par jour pour réussir à dominer vos sentiments négatifs. Vous verrez qu'après une cure de quatre ou cinq jours maximum, vous serez redevenus indépendants et libres par rapport à cette drogue que je représente pour vous. Et puis bon, rien que pour vous prouver que vous pouvez de nouveau arrêter quand vous voulez, laissez un message de temps en temps, et voyez comme c'est facile de ne pas recommencer avant plusieurs heures et sans même un sentiment de manque...
Voilà, c'était le conseil de Tata Marie qui répondait à la question d'un auditeur ("Quand je ne vous écris pas 20 fois par jour, je ressens comme un tremblement au bout des doigts et la moiteur envahit mon front et mon dos sans que je sache comment redevenir celui que j'étais avant. Dois-je entreprendre une cure de désintoxication ? Et si oui, comment m'y prendre ? Et à qui m'adresser ?").
À bientôt les loulous.