Tout ça, c'est parce que je viens de finir de lire tout son blog depuis le début (archives depuis septembre 2005... Hum, et tout ça en à peine quelques soirées).
En fait, je connaissais Manu Larcenet par un bon paquet de ses bédés (euh... pas encore toutes, je l'avoue humblement), mais je n'étais pas très au fait du bonhomme en lui-même, et puis du reste de ce qu'il fait. Mais après toutes ces soirées sur son Temps perdu, je suis carrément habitée par cet artiste - oui, je souligne "artiste", parce que ça me paraît carrément essentiel.
Bref, je ne vais pas répéter ce qu'on avait déjà écrit à l'époque. Je voulais juste développer autour de trois points récurrents de ce qu'il nous livre. Trois choses qui m'ont touchée (en plus des idéaux politiques, des engagements sociaux et des gros gros délires que j'adore, je veux dire...).

1. Un véritable artiste...

Même en dehors de la bédé (euh, je ne reviens pas là-dessus, je crois que j'en ai dit assez la dernière fois, même si ça ne fait jamais assez !). Ce mec prend des photos à tomber par terre. Je trouve cela sublime. Il arrive à mettre dedans une lumière particulière, un cadrage qui donne du sens, et puis plein de choses qui font que ses photos sont uniques et ne ressemblent qu'à lui. Un regard différent.
Je ne sais pas le dire. Mais si vous êtes intéressés, en vrac, allez voir ici, ou même à cet endroit-là ou à celui-là (et pis y'en a encore plein d'autres, mais c'est à vous d'aller les chercher et de les trouver, non mais, je vais pas faire tout le boulot à votre place, quand même !).

2. ...qui n'aime pas certains critiques...

...qui le lui rendent bien, il faut dire ce qui est...
C'est un thème récurrent dans ce blog. Il y a souvent des billets qui parlent d'articles de critiques irrespectueux ou dans lesquels Larcenet se lâche un peu. Ca pourrait faire un peu prétentieux ou susceptible, mais moi, je trouve que ça le rend encore plus humain.
Parce que bon, ceux qui sont contents d'eux, ils s'en tapent, de la critique... Et moi, dans ces textes, je vois surtout le mal-être d'un homme trop sensible.
Bref, vous vous en foutez peut-être, mais moi ça m'a fait quelque chose. Parce que Larcenet, c'est vraiment un grand. Et voir un grand si petit face à des attaques, je ne sais pas, c'est triste.
Enfin, je ne vais pas m'étendre là-dessus, c'était juste pour dire que je trouve ça bien qu'il soit capable de se révolter contre ceux qui n'ont rien compris. On ne les empêche pas de ne pas comprendre, d'ailleurs, ni de pas aimer - chacun ses goûts. Mais il y a chez certains une telle bassesse, que c'est important de leur faire comprendre que ce n'est pas ça la critique, la vraie, celle qui fait avancer les choses.

3. Un poète

Parce que, question critique, je dois dire que Manu Larcenet a des choses à leur apprendre !
Souvent, dans ses billets, il parle de ses coups de coeur. Comme moi dans cette rubrique. Des films, de la musique, beaucoup de bédés. Et franchement, ça me donne toujours envie d'aller plus loin.
Il trouve des mots qui disent ce qu'il a à dire. Des expressions justes, des descriptions de spécialiste accessibles au non-spécialistes. Bref, le top de la critique. Ce que j'aimerais faire quand je vous livre ce que j'aime. Pas juste un "j'adore" ou un "c'est skotchant". Non, des éléments construits qui analysent réellement la force de ces oeuvres.
Exemples qui m'ont marquée : la Marie en plastique (à la fin de la page) ou encore Tideland.
Pour moi, ces textes sont de petites merveilles, des perles de poésie. Pas un boulot de critique, mais un propos de gars qui maîtrise, qui comprend, qui a de la sensibilité et qui veut nous faire vraiment partager une passion.
Bref, comme je le disais précédemment, un grand artiste ! Mais je ne voudrais pas trop me répéter...

Manu, t'es un chef !!!