Alors, en quelques lignes (arf, mdr, comme dirait l'autre), pourquoi un coup de coeur sur ce livre ?
Tout d'abord parce que c'est un excellent thriller plein plein de suspense et fort bien écrit. Les personnages sont attachants, l'intrigue est riche en rebondissements, et on se laisse carrément prendre par ce défilé de situations inattendues. Bref, un très bon bouquin pour un bon moment de détente, mais ça, vous l'aviez déjà compris, sinon, je ne l'aurais pas mis dans cette catégorie-coups de coeur...
En gros pour l'histoire et pour vous faire un peu saliver (mais juste en très gros, hein, parce qu'il fait quand même 700 pages...) (et c'est pas écrit gros, pourtant)... Il s'agit d'une histoire d'éco-terrorisme : des écologistes sont prêts à faire tout et n'importe quoi pour faire triompher leurs idées et obtenir des soutiens financiers. Et on découvre tout au long du bouquin pourquoi et comment ils agissent.
Voilà, c'était mon résumé tout pourri qui ne dit rien de la valeur de ce roman... ;) Mais bon, ça vous donne le contexte général.
OK, je développe un tout petit peu plus. Ca part d'un événement présenté comme vrai (mais probablement faux (?) ) : l'Etat de Vanuatu, en 2003, a annoncé qu'il portait plainte contre les Etats-Unis qui émettent une trop grande quantité dioxyde de carbone, ce qui crée un réchauffement climatique désastreux pour ce pays car une hausse du niveau de la mer aurait pour conséquence d'engloutir l'île et donc de tout simplement rayer Vanuatu de la carte du monde. Or, ce procès n'a jamais eu lieu. Pourquoi et comment se fait-ce ? Evidemment, ce bouquin n'est qu'un roman et ne donne pas de vraie réponse là-dessus, mais c'est l'idée de départ, et à vous de découvrir le reste.
Bref, voilà pour l'histoire, et je vais maintenant développer sur ce qui m'a passionnée dans ce livre (tout en essayant, une fois de plus, de ne pas trop en dire pour ne pas gâcher votre plaisir si finalement vous décidez de le lire).

Alors... Par où commencer ?
Tout d'abord, comme tous les livres de Michael Crichton, ce roman regorge de faits scientifiques (avec à l'appui plus de 30 pages de bibliographie). Du coup, on apprend plein de choses passionnantes. Essentiellement au sujet de l'environnement et de sa protection, mais aussi de tout un tas d'autres choses (psycho, histoire des Etats-Unis, cannibalisme - amusant, tiens - etc). Bref, c'est une vraie mine d'informations, toutes plus intéressantes les unes que les autres, et qu'on peut difficilement remettre en cause vu les références qui sont à chaque fois données (en notes de bas de page d'une part, et en bibliographie d'autre part). Du travail sérieux, en somme.
Et je tiens à dire que c'est décapant et que nos idées reçues en prennent un sacré coup dans l'aile, ce qui n'est pas pour me déplaire. Décoiffant, mais parfois un peu pontifiant, car on sent bien qu'il veut nous en dire beaucoup - voire trop - et du coup c'est de temps en temps un peu parachuté et lourdingue. Mais bon, rien n'est parfait, et on passe facilement sur ce défaut, tellement le total est bien ficelé.
Alors, je ne vais pas faire le tour des idées reçues mais je vais essayer de donner quelques exemples intelligents qui ne vous casseront pas l'ensemble du livre... Gloups, pas facile, ça, comme contrat, à remplir.

L'idée générale, quoi qu'il en soit, c'est qu'on parle tous beaucoup d'environnement, qu'on est tous prêts à agir pour le protéger, mais qu'on s'y prend mal. Tout ça pour une seule et bonne raison : on est mal informés. Entre autres au sujet du réchauffement climatique (et là je vois déjà les boucliers se lever en ma direction). Parce qu'il semblerait qu'on n'ait pas réellement de données fiables au sujet du réchauffement climatique. En fait, pour commencer, on n'a aucune preuve que la température monte dramatiquement ces temps-ci. Déjà, premier coup de poing. Ensuite, on dit que le niveau des mers monte avec le réchauffement climatique, mais aucune étude sérieuse ne montre la moindre élévation du niveau général des mers. Autre chose : on nous parle de la fonte des glaciers et de la calotte glaciaire... Et bien, il semblerait que si c'est le cas à certains endroits, c'est l'inverse qui se passe dans la majorité des lieux : les glaciers avancent et la température diminue drastiquement sur la banquise.
Bref, tout un tas de choses assez inattendues. Et que je suis encline à croire vu les références citées dans le roman. Cela dit, je ne suis pas allée les vérifier et lire les textes des scientifiques, mais je suis assez convaincue par les extraits cités, les sources d'information et tout ce qui vient à l'appui de ces remarques (même si ça me met hyper mal à l'aise dans la mesure où c'est totalement contraire à ce que je crois croyais jusque là). En tout cas, ça me paraît d'autant plus crédible que, dans sa bibliographie, Michael Crichton nous met des références nombreuses sur ces sujets, et surtout n'évite pas les références aux auteurs opposés à son point de vue. Bref bref, je vous le dis, c'est assez étonnant. Et stressant (alors que ça devrait bien rassurer de savoir cela), parce que du coup on ne sait plus où on en est, quoi croire, etc.
Autre exemple assez ahurissant... On n'a pour l'instant aucune certitude que les émissions de CO2 réchauffent l'atmosphère. Et même si ces émissions s'avèrent réchauffantes, on n'a pas la preuve que cela serait néfaste à notre planète et aux Hommes. A preuve : là où il y a plus de CO2, les plantes poussent mieux. Et Crichton cite des études qui montrent que ce sont avant tous les cultures qui en profitent, ce qui crée des richesses et limite les famines. Autre constatation : contrairement à ce qu'on croit, le désert a reculé ces dernières années grâce à cette croissance des végétaux créée par l'augmentation des taux de CO2 dans l'air.
Alors, faut-il lutter contre le réchauffement climatique et les émissions de gaz à effet de serre ?

En fait, et je tenais à le préciser, Crichton n'est pas un affreux vilain qui souhaite qu'on fasse n'importe quoi à notre pauvre planète. C'est au contraire quelqu'un qui est très sensibilisé aux problèmes d'environnement et aux risques que peuvent nous faire courir les nouvelles technologies. Seulement, il pense qu'on agit mal par manque d'information. Du coup, on se jette dans une lutte qui n'a pas de raison d'être.
De son point de vue, il faut bien évidemment agir citoyennement, c'est-à-dire ne pas polluer, ne pas gâcher les ressources terrestres, essayer de lutter contre la pauvreté dans le monde, etc. Mais pour agir au mieux, il faudrait déjà connaître ce qu'est ce mieux. Et pour cela, il est nécessaire de financer la recherche dans tous ces domaines (ce qui me paraît tout ce qu'il y a de plus sensé).
Parce qu'à la limite, ça n'est pas grave de ne pas émettre de CO2. Parce que même si ça n'est pas prioritaire, ça ne peut pas faire de mal de s'en tenir à une forme de statu quo. Mais parfois, en pensant agir pour le bien, on fait le contraire de ce qu'on voudrait.
A ce sujet, il donne l'exemple du DDT qui a été interdit suite à des pressions de groupes environnementalistes. Alors bon, je n'ai pas vérifié, mais là encore, il cite un tas d'études scientifiques... Les faits : on a interdit l'usage du DDT dans à peu près tous les pays du monde pour la simple et bonne raison que c'était cancérigène. Jusque là, ça paraît normal. Sauf que... En fait, les études prouvant le caractère cancérigène du DDT n'avaient pas été faites. Ce qui, déjà, est assez limite d'un point de vue scientifique. Mais bon, depuis, elles ont été faites. Conclusion : le DDT n'est pas cancérigène. Donc on a dépensé plein d'argent à faire une campagne contre ce produit qui n'était pas dangereux pour l'Homme. Beaucoup d'argent gaspillé pour rien (alors que tant de gens auraient eu besoin de cet argent..).
Pire : les produits utilisés maintenant sont bien plus forts et plus dangereux. Beaucoup de gens se sont intoxiqués en les utilisant, et les conséquences sur l'environnement de leur utilisation sont tout sauf bénignes.
Encore pire (si si, c'est possible) : l'utilisation du DDT avait permis de faire reculer le paludisme en tuant les moustiques porteurs du virus. Or, depuis qu'on en a interdit l'utilisation, la maladie (qui était devenue presque rare) est en pleine recrudescence et est devenue l'un des facteurs de mortalité les plus importants dans beaucoup de pays d'Afrique et d'Asie.
Bref, en voulant bien faire et en ne nous en donnant pas les moyens (la recherche et les études scientifiques) voilà les dégâts qu'on a produits. Sympathique, non ?

Au final, une des thèses de ce roman, c'est qu'on est manipulés par tous ces thèmes porteurs et modernes de protection de l'environnement. Une fois encore, je précise qu'il ne s'agit pas de tout rejeter en bloc et de faire n'importe quoi avec ce qui nous entoure, mais qu'il faut agir intelligemment et en toute connaissance de cause.
Le problème majeur rencontré étant qu'on relaye nous-mêmes une information qui nous paraît importante, et que du coup, les bruits qui courent s'amplifient et nous éloignent de la vérité.
Maintenant, la question qui tue : pourquoi sommes-nous à ce point désinformés ? Plusieurs raisons à cela. Il y a d'une part des organisations environnementalistes qui cherchent à tout pris à avoir de l'argent. Et quoi de mieux pour cela que des thèmes chocs et fédérateurs autour d'événements chocs ? Oh, un tsunami, aboulez le fric ! Bien sûr, donner pour aider les personnes à reconstruire, c'est important. Ce qui est grave, c'est l'utilisation de l'événement par les médias et les associations pour d'autres raisons. Les médias, on le sait, font du chiffre avec ce genre d'images à sensation. Malheureusement, ça n'a rien de nouveau et il y a peu de chances que cela change. Et certaines organisations utilisent l'événement pour en faire une preuve du réchauffement climatique, histoire qu'on fasse des dons pour des études sur comment prévenir cela alors qu'en fait l'argent sera utilisé autrement (je ne parle pas là des associations humanitaires qui font un travail extraordinaire sur le terrain, mais des personnes malhonnêtes qui existent partout, on n'a pas oublié les malversations d'un membre très haut placé d'une certaine association de lutte contre le cancer, par exemple...).
Bon, cela dit, ça ne suffit pas à tout expliquer... Visiblement, une étude a été menée qui montre que depuis 1989, l'emploi des mots de "catastrophe", "drame" et autres du genre, sont employés de façon exponentielle dans les médias (ça fait vendre, on l'a déjà dit) alors que le nombre de drames et de catastrophes n'a pas augmenté (ou du moins pas dans ces proportions). Et ce champ lexical prend une place de plus en plus importante dans les discours politiques (ça vous rappelle quelqu'un ? En France ? Non, pas possible !?). Quelle explication donner à cela ? Eh bien, vous le savez déjà : quand le peuple a peur, on a toute puissance sur lui. C'est une façon de le manipuler pour qu'il reste bien à sa place. Quand on a peur, on obéit. Et pourquoi 1989 ? Ca ne vous dit rien ? La chute du mur de Berlin, la fin de la Guerre Froide...
Et voilà, jusqu'en 1989, la peur du monstrueux communisme faisait que les Etats-Unis étaient tout puissants à l'ouest et pouvaient facilement contrôler leur population. Et puis il a fallu trouver autre chose. Et l'environnement, ça a l'air de bien marcher...
Et, à l'ère d'internet et du mondialisme, il suffit que les Etats-Unis (ou n'importe quel pays de poids) développent une cristallisation autour d'un sujet phare pour que tout le monde les suive. Et ça se propage ensuite très très vite grâce à de naïves personnes comme vous et moi, soucieuses du bien-être de leur planète. On ne vérifie pas directement dans les textes des scientifiques, on croit ce qu'on lit chez des passionnés du sujet, et voilà, le mal est fait malgré nous.
Bon, ça n'est pas ma thèse, c'est celle de l'auteur. Enfin, pas directement - disons plutôt que c'est celle d'un de ses personnages. Mais voilà, ça ne m'a pas semblé inintéressant. Version moderne du fameux panem et circenses.

Bref, voilà en gros ce que je voulais vous dire à propos de ce roman. Le sujet est loin d'être épuisé, bien entendu. Et je ne cherche pas là à vous convaincre que tout ce que vous croyez est faux. Je tenais juste à faire remarquer qu'il est parfois intéressant (quoique dérangeant) de remettre en question ses convictions et d'aller voir ailleurs (aux sources, si possible) sur quoi se fondent nos croyances...
En tout cas, qu'on soit d'accord ou pas avec ces thèses, je recommande ce livre qui est palpitant, et qui a l'intérêt d'être différent des autres et de nous amener à nous poser des tas de questions fondamentales (ce qui est relativement rare dans les thrillers, il faut dire ce qui est).
Une fois de plus, le roman est à votre disposition chez moi s'il vous intéresse (mais en anglais, et avec déjà 2 options posées dessus, donc il vous faudra un peu de patience).

NB. Juste pour ne pas me laisser emporter par mon enthousiasme et dire que malgré tout je garde un regard critique même sur ce que j'apprécie, je vous mets en lien une critique de ce livre un peu dure mais très intéressante elle aussi. Et qui devrait plaire à Dunja vu qu'elle vient de son site culte (Manicore).
Donc : à vos cerveaux ! ;)