Pour bien comprendre ce que je vais expliquer, je vous conseille d'aller voir la vidéo qu'il propose sur son blog. Elle dure en gros un quart d'heure, et sera bien plus précise que ce que je vais vous dire là... (Mais vous pouvez aussi commencer par me lire, je serai compréhensible !).

En fait, comme l'indique le titre de ce billet, il s'agit de l'article 104 du Traité de Maastricht qui introduit une nouveauté dans le système bancaire européen : la BCE (Banque Centrale Européenne) ne peut plus prêter d'argent aux États membres de l'Union.
Alors, si vous êtes comme moi, cela ne vous dit pas grand chose, cette réforme. Mais c'est là que la vidéo est bien faite, car elle nous explique bien les conséquences de cet article (dont personne n'a jamais parlé).
En fait, avant Maastricht, la BCE prêtait de l'argent aux États, et ceux-ci remboursaient à leur rythme sans aucun intérêt !
Peut-on rêver mieux ? 0% d'intérêt sur des prêts qui s'élèvent à des millions ou des milliards d'euros...
Mais Maastricht interdit cette pratique (elle serait créatrice de monnaie et d'inflation) et les États doivent donc désormais recourir à des établissements privés qui, eux, ne se privent pas pour imposer des taux d'intérêt plus ou moins élevés, mais enfin bon, c'est leur boulot de faire du bénéfice sur les emprunts...

Conclusion pratique ? Nos États, déjà bien endettés, ne font que s'endetter de plus en plus. Et, avec le déficit budgétaire que se traîne la France (la faute n'en revient pas qu'à Maastricht, mais bon, je n'ai pas forcément envie d'encore dire du mal du pack fiscal...), il faut se rendre compte qu'on ne fait que rembourser, année après année, non pas nos emprunts, mais uniquement leurs intérêts... Tous ceux qui ont déjà fait des emprunts le savent : on en a pour des années à venir à bout de ces intérêts exorbitants !
Du coup, cet article qui passe à peu près inaperçu dans le Traité de Maastricht, représente tout de même une réalité bien déprimante - qui explique peut-être le désengagement des États de tous les grands chantiers traditionnels et de l'entretien de la fonction publique...

Je me demande juste dans quelle mesure ce type de traité est révisable. Je sais que le Traité de Nice, le TCE ou tous les traités adoptés (ou adoptables) par l'Union peuvent revenir en arrière, dans la mesure où les membres en sont d'accord, mais est-ce réaliste de penser que ce sera fait ?
Quelle est la part de pression des grands groupes bancaires dans l'adoption de ce type de loi ? Peut-on vraiment leur résister ? Comment ?
Et puis, les députés européens sont-ils réellement conscients de cela ? L'orateur de la vidéo leur donne le bénéfice du doute - ils ne se rendaient sans doute pas compte de ce qu'ils votaient... Peut-être, mais alors, cela signifie qu'ils ont mal fait leur travail (on se renseigne sur les conséquences de ce qu'on vote, non ?). Moi, j'ai tendance à être assez cynique et à me dire qu'ils y gagnaient (sans doute ont-ils des actions dans les organismes financiers qui prêtent maintenant aux États...). Mais enfin, il doit quand même y avoir des gens honnêtes parmi ceux qu'on élit. Et ceux-là, si on les sensibilise au problème, ils devraient vouloir agir pour améliorer le système, non ?
Bref, si quelqu'un a des idées sur ce qu'on peut faire, je suis preneuse...

Et en plus, pour une fois, je n'ai pas été trop longue...
Alors, pour compenser, allez voir la vidéo !