Les textes sont enfin sortis et sont très clairs sur le sujet (enfin, une fois traduits par des juristes, parce que c'est toujours un peu compliqué les textes de loi...).
En gros, quand un enseignant fait grève, l'État verse aux communes 110 € par tranche de quinze élèves touchés par le mouvement et par jour. Deux possibilités se présentent aux communes : embaucher exceptionnellement pour ces jours de grève (avec les charges sociales et tout le bataclan) soit faire faire des heures supp. à du personnel municipal. Ça, c'est très intéressant, puisque c'est exonéré d'impôts et de charges sociales (ça simplifie la comptabilité, en plus)...
Bref, pour des classes d'environ trente élèves, l'État verse donc 220 € par jour, soit plus de 4 000 € par mois (en comptant uniquement les jours travaillés, puisqu'on ne va pas payer du personnel le dimanche pour garder des enfants qui ne vont pas à l'école...). Soyons honnêtes, pour voir qu'il s'agirait là d'heures supplémentaires non imposables, l'État est prêt - pour casser les grèves - à payer bien plus que le salaire qu'il verse aux enseignants...

Proposition : que les enseignants se mettent en grève et proposent aux mairies d'être leurs propres remplaçants...
Alors là, ça devient carrément le pied : en plus de gagner un salaire non imposable plus élevé que celui qu'il toucherait en fin de carrière (même au dernier échelon de la hors classe), l'enseignant n'a plus que quinze enfants à sa charge. En gros, les conditions de travail sont bien meilleures !
Sans compter que, tout en vivant dans ce paradis scolaire, le prof a sa conscience avec lui : il est en grève et dénonce donc clairement tout ce qu'il veut (effectifs trop lourds - la preuve, on travaille mieux avec deux fois moins d'élèves - salaires trop bas - la preuve, le gouvernement est prêt à payer plus - etc etc...).

Ah ah, je ne suis pas sûre que cela soit très réalisable, très légal ou très amusant, mais j'avoue que cette idée me fait rêver... ;)
Le problème, c'est quand on regarde l'idéologie qui se cache là derrière... Il faut vraiment avoir envie de faire très mal à l'école pour être prêt à payer si cher quand on cherche (par ailleurs) à faire des économies sur le budget de l'État... :(