Là où l'âme se déchire un peu mais pas toute
Par Marie Becker,
jeudi 12 mars 2009 à 21:44 :: Coups de coeur
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Thèmes : culture(s), international, littérature, théâtre
Une pièce de théâtre de Rémi Checchetto - que je n'ai pas vue, mais lue.
A vrai dire, je suis tombée par hasard sur ce bouquin à la bibliothèque, et le titre m'a ravie. Je n'ai même pas lu le résumé, juste le titre, et j'étais en extase. Oui, peut-être qu'il m'en faut peu, diront certains. Mais, honnêtement, j'ai ressenti de titre. C'était physique. Ce point de rupture, proche du non-retour. Cette déchirure qui fait penser qu'on ne s'en remettra pas, et pourtant, la vie est plus forte et on continue notre quotidien avec cette douleur lancinante en arrière-fond.
Bref, ça m'a plu.
Bon, depuis, j'ai lu le livre. Je regrette de ne pas avoir vu jouer la pièce, je pense que cela doit être quelque chose de très fort.
Enfin, toujours est-il que je vous recommande ce texte. C'est un peu intello, je dois l'avouer. Mais c'est surtout extrêmement poétique. Beaucoup de jeux avec les mots. Des images fortes, des phrases choc... C'est vraiment du grand art.
Cette pièce a été écrite après la rencontre entre l'auteur et des sans-papiers. Mais il ne s'agit pas d'un texte militant, moralisateur ou quoi que ce soit dans ce genre.
C'est un dialogue entre trois personnes : l'Homme d'ici, l'Homme qui est arrivé ici et la Femme qui est arrivée ici. On ne sait pas où cela se passe ou quand. On ne connaît pas le passé des personnages. Il n'y a pas réellement d'histoire.
C'est seulement un homme et une femme, arrivés ici, qui essayent d'expliquer et de comprendre, de dire leurs peurs et leurs espérances. Et, face à eux, l'homme d'ici, genre douanier suisse buté (enfin, c'est ainsi que je me le représente, pardon à tous les Suisses) doit appliquer la loi. Et surtout ne pas entendre ce que l'homme et la femme ont à lui dire. Surtout ne pas entrer dans une histoire individuelle, ne pas entrer dans le sentiment, ne pas être tenté de faire autre chose que d'appliquer la loi.
Et puis j'ai été touchée par le style. Les yeux qui grelottent. La femme qui voudrait que son amour courre après le petit bétail de ses enfants... Je trouve ça trop beau.
En fait, mais c'est un secret, on dirait du Dunja...
Bon, ben, voilà. Vous l'aurez compris, je ne l'ai pas chez moi, mais courrez à votre bibliothèque !
Commentaires
1. Le jeudi 16 avril 2009 à 12:04, par dunja
2. Le jeudi 16 avril 2009 à 19:26, par mariesg
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