A la mer
Par Marie Becker,
lundi 6 avril 2009 à 22:23 :: Hallucinant
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Thèmes : animaux, environnement, nature, santé
Quelques petites découvertes faites à Roscoff fin février (oui, oui, le temps a passé a passé plus vite que prévu... Je ne vous oublie pas, je n'arrive juste pas trop à prendre le temps !).
1. Algues rouges
Grâce à Thalado, comptoir des algues que nous avons découvert par hasard, nous avons pu apprendre plein de choses sur les algues. Des choses hallucinantes, comme vous pouvez vous en douter vu la catégorie dans laquelle se trouve ce billet...
Non, sans rire, je vous fais la pub de thalado parce que c'est vraiment un truc super. Il s'agit de personnes passionnées des algues qui essayent de partager leur passion. Tous les jours, il y a des conférences sur des thèmes très variés : les algues dans la cuisine, les algues dans l'art, où trouve-t-on les algues, à quoi servent-elles... En plus des conférences, il y a des sorties de découverte in situ : on va se balader sur la plage et ramasser des algues, les observer, les goûter, les comparer... Et enfin, la boutique, dans laquelle on trouve de tout : du cosmétique à l'algue alimentaire, en passant par tout un tas de bouquins (tout est commandable par internet, et je vous conseille les croquants aux algues, ils sont à tomber raide !!! Attention, en revanche, si vous avez des problèmes de thyroïde : n'abusez pas des algues, c'est très iodé donc pas terrible pour vous).
Bref, j'en reviens donc aux algues rouges dont j'ai découvert une des particularités hallucinantes pendant une sortie découverte.
Bon, en fait, ce que je vais dire ne concerne pas toutes les algues rouges, mais une en particulier, dont je n'ai pas retenu le nom (si quelqu'un qui s'y connaît me lit, il serait archi gentil de préciser mon propos avec les noms exacts et de corriger mes imprécisions). Mais c'est une algue rouge (de couleur brun-rouge) un peu en forme de fougère toute douce et aux feuilles très ciselées.
Cette algue-là, elle est proprement hallucinante parce qu'elle se reproduit différemment sur trois générations. Je vous laisse imaginer le truc.
Première génération : une algue en forme de fougère qui se reproduit de façon sexuée. Comme plein de plantes, quoi : rencontre des organes mâles et des organes femelles, fécondation, nouvelle génération.
Deuxième génération : personne n'a reconnu qu'il s'agit de la même algue parce qu'elle est maintenant microscopique (autant vous dire que je n'ai pas vu à quoi elle ressemblait). Elle se reproduit en projetant autour d'elle des micro-spores d'où va naître la génération suivante.
Troisième génération : encore une qu'on aurait cru être autre chose. Elle ne ressemble ni à la première ni à la deuxième génération. C'est maintenant une sorte de goudron rougeâtre qui se dépose sur les rochers. Un peu comme un lichen mais sans aspérités. Quand on voit ça, on se dit que ça doit être un reste de marée noire ou de peinture. Mais non, c'est notre fameuse algue rouge. A ce stade-là, elle se reproduit de nouveau de façon asexuée par la libération de spores.
Et là, miracle, la quatrième génération a la même tête que la première. Incroyable, non ?
Et tout ça, ça possède le même ADN. On ne sait pas trop comment ça marche, et on est bien embêté, parce que si on a besoin d'en faire des cultures, on ne sait pas bien comment s'y prendre pour obtenir l'algue-fougère (qui est celle qui intéresse, a priori).
Bref, ça m'a amusée, je voulais vous en toucher un mot.
2. Patelles
Les patelles, je ne sais pas si c'est comme ça qu'on les appelle chez vous (mais chez moi, si), ce sont ces coquillages en forme de chapeaux chinois qui sont indécrochables des rochers (enfin, je ne sais pas si vous avez déjà essayé de les décrocher, moi je n'ai jamais réussi à les faire bouger d'un millimètre).
Eh bien, figurez-vous que ces coquillages à l'air relativement insignifiant sont en fait tout bonnement scotchants ! ! !
En fait, ces coquillages se décollent des rochers à marée haute. Quand la mer baisse, ils se remplissent d'eau de mer et se collent à la paroi des rochers pour rester bien humides et pouvoir survivre sans se déshydrater le temps que la marée remonte. Pour cela, il faut qu'il soient parfaitement installés pour que pas une goutte d'eau ne sorte de leur coquille.
Du coup, tenez-vous bien, leur coquille prend exactement la forme des aspérités du rocher. Et ils sont toujours attachés exactement au même endroit du même rocher dans le même sens, du début à la fin de leur vie, parce que c'est le seul moyen pour eux d'épouser parfaitement la forme du rocher (malheureusement, leur coquille est indéformable, il ne peuvent pas changer en fonction du lieu où ils se trouvent).
Et c'est là que ça devient proprement hallucinant... Quand la marée est haute, nos patelles se détachent du rocher et vont se promener pour manger. Pas bien loin, remarquez. Peut-être une dizaine de mètres (ce qui, à leur échelle, est déjà relativement impressionnant). Et quand la marée commence à redescendre, voilà nos patelles qui retournent à l'emplacement exact où elles sont d'habitude.
Sauf que personne ne sait comment elles se repèrent : trace olfactive ? GPS intégré ?
C'est pas un truc de fou, ça, franchement ? (Et en même temps, l'idée de leur vie m'attriste... Ça ne doit pas être bien épanouissant comme truc... M'enfin...).
3. Ver de mer
Maintenant, je vais faire plus vite, parce que - bien que cela soit tout aussi aussi passionnant que ce dont je viens de parler, et peut-être même encore plus - les connaissances théoriques me manquent pour vous faire un exposé plus détaillé...
Vous avez déjà dû remarquer à la plage des sortes de tortillons de sable. Ils ont été rejetés par des vers de mer (dont j'ai oublié le nom) creusant leur trou.
On a découvert que ces vers de mer ont un sang très proche du sang humain. Bref, en étudiant bien leur hémoglobine, on devrait réussir à faire des choses intéressantes, notamment dans le domaine des transfusions (gloups, ça doit faire bizarre de se faire transfuser du sang de ver). Bon, on est loin du résultat, pour le moment, mais ça va venir...
4. Oursin
Toujours dans le domaine de la recherche sur les animaux marins, une équipe de chercheurs a découvert que l'oursin devrait permettre de lutter contre la leucémie. Ne me demandez pas comment, je ne sais pas. Mais je trouve ça fascinant !
Vous vous en doutez, ça n'a pas été découvert suite à un questionnement du type : "tiens, si nous prenions un oursin pour voir comment l'utiliser pour lutter contre la leucémie". Non, ça s'est fait "par hasard". Ou plutôt : une équipe de chercheurs travaillait sur l'oursin. Et, à force d'expériences et d'observations, quelqu'un a repéré ce je ne sais quoi qui fait qu'on peut utiliser l'oursin dans la lutte contre les leucémies (peut-être pas toutes, mais bon).
Ma conclusion (politique) du jour (parce que ça fait longtemps que je n'ai pas pris position), c'est qu'il faut vraiment encourager la recherche fondamentale. C'est grâce à elle qu'on fait ce type de découvertes. Et si on court derrière le résultat rapide, excusez-moi, mais on restera en surface et on n'ira pas bien loin...
Alors oui, ça coûte cher de financer la recherche. Mais il faut savoir ce qu'on veut...
Voili voilà pour mes découvertes maritimes. Si vous en avez dans votre besace, n'hésitez pas à les partager, je commence à m'ennuyer : il n'y a que mon post sur les fourmis qui bouge ces temps-ci...
Commentaires
1. Le jeudi 16 avril 2009 à 12:13, par dunja
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