Je sais déjà depuis fort longtemps que la Convention Internationale des Droits de l'Enfants a été ratifiée par les 193 États reconnus par l'ONU excepté trois : la Somalie, le Soudan du Sud et les États-Unis.
Bon, je ne suis pas certaine que ratifier cette convention préserve toujours vraiment les enfants - pensez aux enfants soldats en Afrique, aux bordels d'enfants en Asie, aux enfants qui travaillent dans les pays du Tiers-Monde... Mais je pense que, symboliquement au moins, ratifier ce texte serait une avancée.
En fait, vous vous en doutez, ce qui me choque le plus, c'est la posture des États-Unis. Il s'agit quand même d'un pays puissant qui se sent souvent autorisé à faire la morale à tous les autres.

En fait, j'ai découvert cette année pourquoi ces pays n'ont pas ratifié la Convention. Eh bien, autant vous dire qu'il n'y a pas de quoi se réjouir.
La Somalie argue de son contexte intérieur instable pour ne pas s'engager au niveau international. Le Sud-Soudan est en gros dans la même situation. D'autres pays sont dans le même cas et ont malgré tout ratifié, mais, bon - à la rigueur - ça se justifie (soyons magnanimes).
Mais les États-Unis, franchement, j'en suis malade ! Ils ont refusé de ratifier cette convention car elle leur interdirait de condamner à mort des enfants de moins de dix-huit ans. Oui, vous savez, ces enfants qui commettent des crimes atroces et qui, du coup, sont jugés en tant qu'adultes bien qu'ils ne le soient pas. Au secours ! Bon, depuis 2005, cette peine de mort applicable aux enfants a été abolie par la Cour Suprême (il était temps – bien qu'elle n'ait eu cours que dans peu d'états). Mais la Convention Internationale des Droits de l'Enfant n'est toujours pas signée, car il existe toujours (dans certains états) une loi non abolie qui autorise l'incarcération à vie des enfants de moins de dix-huit ans. Et voilà, c'est contraire à la Convention.
J'ai déjà du mal à m'imaginer finir ma vie derrière des barreaux. Mais penser que cela peut arriver à des enfants – même si à quinze ans on est déjà un grand enfant – cela me rend vraiment dingue ! C'est d'une part nier qu'un enfant n'a pas fini de mûrir et n'a pas la même conscience de ses actes qu'un adulte (on peut en discuter, c'est sûr, mais d'expérience, ça me semble plus qu'évident). Et c'est, d'autre part, refuser de croire en la capacité de grandir et de changer d'un enfant. Alors, déjà que j'ai du mal à accepter ça pour un adulte, je trouve que pour un enfant c'est vraiment inhumain. Encore une de mes révoltes, en somme...
Allez, les États-Unis, vous changez un peu vos lois , s'il vous plaît ! Vous êtes caps, non ?